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30/01/2012 10:07 EST | Actualisé 31/03/2012 05:12 EDT

Crise en Syrie: les États-Unis se joignent à l'Europe et à la Ligue arabe

NEW YORK, États-Unis - La secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, a affirmé lundi qu'elle se joindra aux ministres britanniques et français des Affaires étrangères pour lancer un message au Conseil de sécurité de l'ONU, ce mardi, en faveur du soutien aux populations syriennes victimes de la répression sanglante dans ce pays.

«Nous sommes derrière vous», a-t-elle indiqué par voie de communiqué.

Mme Clinton a donc confirmé que les États-Unis se joindront aux chefs de la diplomatie britannique et française, qui comptent apporter mardi à la Ligue arabe le soutien européen pour condamner le régime du président Bachar al-Assad et faire pression en vue d'une résolution destinée à mettre fin à la répression sanglante en Syrie.

«Le statu quo est insoutenable», a lancé Mme Clinton, ajoutant que l'instabilité en Syrie met en péril le climat dans la région. «Tant que le régime al-Assad continuera ses attaques contre les Syriens et se mettra en travers du chemin vers une transition pacifique, les inquiétudes concernant l'instabilité dans la région iront en grandissant.»

Le régime de Bachar al-Assad a intensifié ses attaques contre les déserteurs de l'armée et les manifestants. Selon les Nations unies, plus de 5400 personnes ont été tuées dans les violences depuis mars. Au moins 190 personnes supplémentaires ont perdu la vie dans les cinq derniers jours.

Aux côtés du premier ministre qatari Hamad bin Jassim et des responsables de la Ligue arabe, ils espèrent convaincre la Chine mais surtout la Russie de renoncer à leur opposition à une résolution sur la crise syrienne. Moscou a réaffirmé son refus de soutenir un texte qui ouvrirait la porte à une intervention militaire étrangère en Syrie.

Pour Paris, il s'agit de «convaincre le Conseil de sécurité de prendre toutes ses responsabilités face à l'aggravation des crimes contre l'humanité commis par le régime syrien», selon le porte-parole du Quai d'Orsay.

«L'enjeu de la réunion ministérielle de demain (mardi) consiste à ce que le Conseil de sécurité puisse écouter le rapport de la Ligue, qui s'est engagée sur le terrain depuis la fin décembre, et qu'il puisse appuyer ses efforts et des préconisations», ajoute le Quai d'Orsay.

À Londres, les services du premier ministre David Cameron ont aussi exhorté la Russie à revenir sur son opposition.

«La Russie ne peut plus expliquer pourquoi elle bloque l'ONU et couvre la répression brutale du régime» de Damas, a déclaré une porte-parole britannique sous couvert de l'anonymat.

Les discussions de mardi doivent s'articuler autour d'un projet de résolution, présenté par le Maroc au nom de la Ligue arabe, et basé sur le plan de paix de la Ligue, qui prévoit une transition en deux mois vers un gouvernement d'union nationale en Syrie.

Selon un responsable britannique s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, la résolution en cours de discussions menacerait de possibles sanctions faute de progrès sous deux semaines. Le texte soulignerait qu'il n'est pas question d'intervention militaire en Syrie, sans pour autant exclure explicitement cette option.

Selon les militants des droits de la personne, au moins 28 civils ont été tués lundi dans tout le pays. La ville de Homs (centre), bastion de l'insurrection, était la cible de bombardements continus et de tirs de mitrailleuse, visant notamment le quartier de Baba Amr.

Quatorze personnes ont été tuées lundi à Homs, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme. Les comités locaux de coordination font eux état de 15 morts. Les deux organisations ont par ailleurs rapporté le décès d'une famille de six personnes, dont quatre enfants, tués par balles il y a plusieurs jours dans le quartier de Karm el-Zeitoun.

Dans le même temps, les forces pro-Assad combattent depuis trois jours pour reprendre le contrôle des banlieues est de Damas, où l'opposition a pris le contrôle avec l'aide de militaires ayant fait défection. Les forces gouvernementales ont repris dimanche soir deux des quartiers les plus proches de Damas, Ein Tarma et Kfar Batna, selon les militants de l'opposition.

Moscou a pour sa part annoncé lundi avoir proposé aux autorités syriennes et à l'opposition de se retrouver pour des pourparlers en Russie, Damas ayant déjà répondu positivement.