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30/01/2012 11:41 EST | Actualisé 31/03/2012 05:12 EDT

Compteurs intelligents: le PQ veut un mandat élargi pour la Régie de l'énergie

MONTRÉAL - Le député péquiste Bernard Drainville demande au gouvernement d'élargir le mandat de la Régie de l'énergie afin qu'elle puisse tenir compte des effets sur la santé des «compteurs intelligents» d'Hydro-Québec ainsi que des retombées économiques du contrat.

Selon M. Drainville, la Régie ne peut de son propre chef étendre ainsi son mandat. Elle doit pour ce faire être munie d'une demande du ministre des Ressources naturelles, Clément Gignac.

Si le mandat de la Régie de l'énergie n'est pas élargi, celle-ci devra se limiter à l'argumentaire d'Hydro-Québec, qui a déjà octroyé le contrat des compteurs de nouvelle génération de 350 millions $, soutient le député péquiste.

De son côté, le ministre Gignac assure que la Régie dispose déjà de tous les outils qu'il lui faut pour mener à bien son mandat. «La Régie va analyser tous les impacts économiques, sociaux, environnementaux, les préoccupations au niveau de la santé publique. La Régie a toutes les capacités financières de pouvoir faire appel à des scientifiques experts indépendants pour contrevérifier l'expertise d'Hydro-Québec au besoin», a-t-il soutenu à Québec.

Mais déjà, les projets pilotes ont été lancés dans le quartier Villeray à Montréal, à Boucherville et dans la MRC (Municipalité régionale de comté) de Memphrémagog.

M. Drainville, qui représente la circonscription de Marie-Victorin, à Longueuil, rapporte que des électeurs se présentent actuellement dans son bureau de comté, inquiets des ondes électromagnétiques émises par ces compteurs. Et il affirme qu'il ne sait quoi leur répondre, sans qu'une analyse sérieuse soit menée à ce sujet.

Il rappelle que plusieurs questions restent présentement sans réponse. «Actuellement, il y en a de l'inquiétude. Encore la semaine dernière, il y a un citoyen de Marie-Victorin qui nous a approchés avec des questions sur les compteurs. Hydro-Québec l'a référé à la Régie de l'énergie; la Régie de l'énergie l'a référé à l'Office de la protection du consommateur; la Protection du consommateur l'a référé à mon bureau de député», a-t-il rapporté.

Le ministre Gignac, de son côté, semble banaliser certaines craintes des citoyens. «Ce qui est important, c'est la santé et la sécurité des gens. Et si c'est un enjeu, c'est la science (qui décidera). Il n'y a pas dix vérités. Il y en a encore qui croient qu'Elvis n'est pas mort ou que les Américains ne sont pas allés sur la Lune ou que les tours de transmission, c'est dangereux. Ce sont les experts qui se prononceront», a-t-il conclu.

Bien que plusieurs aient demandé un moratoire sur le déploiement de ces compteurs de nouvelle génération, le Parti québécois ne franchit pas encore cette frontière. «On n'en est pas là, mais on ne l'exclut pas», a répondu M. Drainville.

Tarification différenciée

Il affirme avoir déjà formulé sa demande d'élargissement du mandat de la Régie au ministre Gignac sans obtenir de réponse. «Est-ce parce qu'il a un agenda caché?» demande-t-il, soupçonnant Hydro-Québec de vouloir éventuellement imposer une tarification différenciée grâce à ces compteurs.

Hydro-Québec se défend de vouloir ainsi implanter par la bande la tarification différenciée. «L'entreprise n'a aucun plan afin d'intégrer la tarification différenciée dans le temps comme cela se fait en Ontario», a fait valoir la société d'État par voie de communiqué.

Le ministre Gignac a tenu le même discours rassurant, du moins à court terme. «À ce que je sache, on n'est pas vraiment rendu là. Il faut d'bord qu'on passe les audiences devant la Régie. Pour l'instant, ce n'est pas dans l'intention du gouvernement du Québec d'aller dans la tarification horaire», a-t-il dit.

Il a rappelé que le mandat de son gouvernement prendra fin en 2013 et qu'il ne peut prévoir ce qu'un gouvernement décidera dans quelques années.

La tarification différenciée est l'établissement d'un tarif hydrolélectrique qui varie en fonction de la demande durant la journée. En période de pointe, le tarif augmente.

La Régie de l'énergie, de son côté, a refusé de commenter ou de «spéculer» sur ce sur quoi porteront ses audiences. Une conférence préparatoire doit avoir lieu le 2 février et la question y sera sûrement discutée.

Des groupes écologistes et des associations de consommateurs ont demandé à se faire entendre par la Régie et il y a fort à parier que ceux-ci aborderont la question des effets des ondes électromagnétiques sur la santé.