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28/01/2012 11:05 EST | Actualisé 29/03/2012 05:12 EDT

La Ligue arabe suspend sa mission d'observation en Syrie

La Ligue arabe a annoncé samedi la suspension de sa mission d'observation en Syrie, en raison de la recrudescence des violences dans le pays où quelque 80 personnes ont été tuées ces trois derniers jours.

La centaine d'observateurs sur place ont cessé leur activités. Ils resteront à leur hôtel à Damas, jusqu'à ce que leur mission soit "réévaluée" par la Ligue arabe, a précisé son secrétaire général adjoint, Ahmed Ben Ali.

Le chef de l'instance panarabe, Nabil Elaraby, a mis en cause le régime syrien dans l'"escalade" des violences. Damas, ajoute-t-il, a recours à "l'option militaire en complète violation de ses engagements" à mettre fin à la répression. Elle touche des "citoyens innocents", a souligné M. Elaraby qui rejette ainsi implicitement les assertions de Damas d'avoir à lutter contre des "terroristes".

Un conseil de la Ligue arabe devra se réunir pour décider des suites à donner à la mission d'observation, dont les Etats du Golfe emmenés par l'Arabie saoudite se sont retirés le 24 janvier, demandant l'intervention du Conseil de sécurité de l'ONU.

La Russie y a clairement exprimé son opposition au projet de résolution présenté dans la nuit de vendredi à samedi par plusieurs pays arabes et européens dont la France.

Le projet de résolution reprend le plan annoncé le 22 janvier par la Ligue arabe, qui vise à "faciliter une transition politique conduisant à un système politique démocratique, multipartite".

Le texte présenté devant le Conseil de sécurité condamne "les violations étendues et flagrantes des droits de l'homme et liberté fondamentales par les autorités syriennes". Il demande au gouvernement syrien de mettre "immédiatement" un terme à toutes les attaques contre la population et aux atteintes aux droits de l'homme.

La Russie, un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité disposant du droit de véto, a déclaré s'opposer à ce texte. Moscou a fait savoir quelles étaient ses "lignes rouges", a expliqué l'ambassadeur russe Vitali Tchourkine, citant toute indication de sanctions et l'imposition d'un embargo sur les armes. "Nous devons nos concentrer sur le dialogue politique", a-t-il déclaré.

Le projet de résolution ne mentionne pas explicitement des sanctions. Il appelle à l'adoption de "mesures supplémentaires", non spécifiées, "en consultation avec la Ligue des Etats arabes" si Damas poursuit la répression qui a fait quelque 5.400 morts depuis mars 2011 selon une estimation des Nations unies.

L'ambassadeur syrien aux Nations unies, Bachar Ja'afari a rejeté le projet de résolution, en affirmant que "la Syrie ne sera pas la Libye".

Selon le général soudanais Mohammed Ahmed al-Dabi, chef des observateurs en Syrie, la situation s'est encore dégradée depuis mardi, avec une "très forte escalade" des violences dans les villes de Homs, Hama et Idlib. D'après des militants syriens des droits de l'homme, au moins 35 personnes ont été tuées jeudi pour la seule ville de Homs (centre) et 39 vendredi dans tout le pays. Les forces du régime bombardent des immeubles d'habitation et tirent sur la foule, y compris lors de cortèges funéraires. Plusieurs enfants figurent parmi les victimes, ajoutent ces militants.

Samedi, par ailleurs, l'agence de presse officielle SANA a fait état de la mort de sept officiers syriens lors de l'attaque de leur autobus par des "terroristes" près de Douma dans la banlieue de Damas. AP

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