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28/01/2012 11:15 EST | Actualisé 29/03/2012 05:12 EDT

Conseil national du PQ: les militants ne contestent pas ouvertement Marois

MONTRÉAL - Les militants péquistes sont rentrés dans le rang, renonçant à contester le leadership de Pauline Marois, ce week-end, à l'occasion du conseil national de leur parti.

Les mécontents auraient pu présenter une proposition d'urgence remettant en question son type de leadership ou réclamant un nouveau vote de confiance, mais aucune des 13 propositions déposées à la dernière minute par les différentes associations du parti ne portait sur ce sujet.

Désormais, Mme Marois devrait donc avoir les coudées franches pour diriger son parti sans crainte de voir son poste contesté à tout moment.

En ateliers, les péquistes se sont plutôt appliqués toute la journée, samedi, à revoir le programme du parti, de manière à donner davantage de pouvoirs aux citoyens. On souhaite ainsi regagner leur confiance.

Ils voteront dimanche en plénière sur ces questions, mais ont déjà donné un premier feu vert en ateliers à plusieurs réformes samedi. Parmi celles-ci: accorder le droit de vote à 16 ans, permettre les référendums d'initiative populaire, encadrer les cas de députés transfuges et créer une chambre des régions, sorte de Sénat qui viendrait faire contrepoids aux pouvoirs de l'Assemblée nationale.

La question des référendums d'initiative populaire a été poussée par le député de Marie-Victorin, Bernard Drainville. Dans son esprit, si 15 pour cent des électeurs inscrits (ou environ 850 000 personnes) signaient un registre pour la tenue d'un référendum sur une question donnée _ incluant la souveraineté du Québec _ le gouvernement en place devrait procéder.

La proposition consistant à abaisser l'âge légal requis pour voter a fait l'objet d'un long débat. Le député de Verchères, Stéphane Bergeron, a ouvert les discussions en livrant une plaidoirie pour défendre l'idée.

«À 16 ans, on considère dans notre société qu'un jeune est assez mature pour lui confier un véhicule automobile. À 16 ans, on considère qu'un jeune est suffisamment mature pour entrer sur le marché du travail et payer éventuellement des impôts», a-t-il affirmé.

Son plaidoyer a été attaqué par quelques jeunes militants, dont une déléguée de 16 ans. Catherine Mondor, de la circonscription de Berthier, estimait que ses semblables ne sont «pas prêts» à déposer un bulletin de vote dans une urne.

Encore marqués par la défection de François Rebello au profit de la CAQ de François Legault, les délégués péquistes ont approuvé une proposition visant à sévir contre les transfuges politiques. Portée par les députés Yves-François Blanchet et Stéphane Bergeron, elle vise à interdire aux élus de changer de bannière sans passer par une élection complémentaire.

«Le siège sur lequel on s'assoit ne nous appartient pas, a fait valoir M. Blanchet. Si on s'en va avec, c'est un vol.»

Les députés pourraient cependant conserver leur siège s'ils quittent leur caucus pour devenir indépendants.

Alors qu'un nouveau sondage indique une faible remontée de l'appui au Parti québécois, les élus péquistes sont convaincus d'avoir réussi à inverser la tendance, et sont désormais confiants de pouvoir remporter les prochaines élections générales.

Réunis en caucus samedi matin, les élus péquistes étaient soulagés de voir que leurs querelles internes des dernières semaines n'avaient pas trop nui à leur popularité, selon ce qu'indique le plus récent sondage Léger Marketing-Le Devoir publié le jour même.

Le député de Drummond, Yves-François Blanchet, s'est dit persuadé que le PQ était aux portes du pouvoir.

«Mon impression nette, c'est qu'on va former le prochain gouvernement. Et j'ai même un espoir important qu'il soit majoritaire», a-t-il prédit.

L’enquête menée du 23 au 25 janvier, dans les jours suivant la décision de Gilles Duceppe de renoncer au leadership péquiste, semble annoncer une lutte à trois lors du prochain scrutin entre le Parti québécois, le Parti libéral du Québec (PQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ).

Ainsi, le PQ obtient 25 pour cent de la faveur électorale, soit le même score qu’il y a deux semaines, avant les turbulences provoquées par la possibilité d’un retour de Gilles Duceppe en politique.

Le député d'Abitibi-Ouest, François Gendron, a estimé que le climat de confiance entre son parti et la population commençait à se rétablir, notamment grâce à l'image d'intégrité de sa chef.

Avec «près du tiers (d'appui chez les francophones), tout est possible» désormais pour le PQ, selon lui.

Élément surprise du conseil national, la citoyenne de la Mauricie qui avait volé la vedette lors du débat des chefs de la dernière élection fédérale, Muguette Paillé, est venue donner son appui à Pauline Marois.

Mme Paillé, qui était en chômage à l'époque du débat, avait demandé aux chefs ce qu'ils allaient faire pour créer des emplois.

«C'est une femme comme ça que je cherche comme première ministre», a dit Mme Paillé à propos de Mme Marois. Elle est toujours sans emploi, après avoir obtenu un contrat de quelques mois.

«Lâchez-la quelqu'un!», a-t-elle ajouté en point de presse, souhaitant que cessent les querelles internes autour du leadership de la chef.

Mme Paillé, qui habite la circonscription de Maskinongé, a dit qu'il n'était «pas exclu» qu'elle soit candidate du PQ aux prochaines élections.

Mais il reste que c'est toujours la Coalition avenir Québec de François Legault qui domine dans le coeur de l'électorat, selon le dernier sondage Léger Marketing, avec 32 pour cent d’appuis, suivie par le Parti libéral, à 26 pour cent. La CAQ avait atteint un sommet de popularité, ces derniers mois, avec 39 pour cent d'appuis.

«Tout cet opportunisme n'aura servi à rien», a commenté le député de Richelieu, Sylvain Simard, à propos de la chute de la CAQ.

Les péquistes doivent serrer les rangs derrière leur chef, a plaidé la députée de Champlain, Noëlla Champagne: «Si dans la tempête, on ne reconnaît pas les forts, je pense qu'on a un problème», a-t-elle dit à propos du leadership de Mme Marois.

Le sondage a été réalisé en ligne auprès de 1001 personnes. La marge d’erreur est de 3,1 points, dans 19 cas sur 20.

Le dernier sondage CROP, une semaine plus tôt, ne donnait que 21 pour cent d'appuis au PQ, déjà en hausse de trois points par rapport à un autre coup de sonde fait un mois plus tôt.

Le conseil national se terminera dimanche par une allocution de Mme Marois.