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27/01/2012 03:29 EST | Actualisé 28/03/2012 05:12 EDT

Un nouvel amphithéâtre sème la discorde dans les rangs du Parti québécois

QUÉBEC - Après celui de Québec, un nouvel amphithéâtre a semé la discorde dans les rangs du Parti québécois, cette semaine, au moment même où l'aile parlementaire péquiste multipliait les efforts pour présenter un front uni en prévision d'un conseil national.

La députée Agnès Maltais, qui représente une circonscription de Québec, s'est attiré les foudres d'un militant lavallois mécontent de la voir critiquer la participation financière des conservateurs dans un projet d'amphithéâtre.

Pierre Castonguay, secrétaire régional du PQ à Laval, s'est livré à une sortie contre Mme Maltais, l'accusant de nuire à ce projet de construction prévu sur l'île au nord de Montréal.

«Ça ne se peut pas qu'on puisse, dans un parti politique, être un député d'une région éloignée et venir couler des projets aussi importants que le club école du Canadien de Montréal», a-t-il dit lors d'une entrevue à La Presse Canadienne.

Selon M. Castonguay, qui a l'intention de démissionner de son poste de secrétaire, les propos de Mme Maltais ont incité le gouvernement fédéral à se retirer du projet.

«C'est incendiaire de poser des questions dans un dossier comme ça, a-t-il dit. Parce que ça remet en cause le dossier et on voit la conséquence.»

Commentant jeudi un reportage rappelant que les conservateurs fédéraux financeraient la construction d'un amphithéâtre à Laval, Mme Maltais a affirmé que cela pourrait constituer une injustice.

La députée péquiste de Taschereau a soutenu que les conservateurs ont fait «scandale» à Québec, en refusant de contribuer au projet d'amphithéâtre du maire Régis Labeaume, où le conglomérat Quebecor souhaite installer une équipe professionnelle de hockey.

À la suite des propos de Mme Maltais, le ministre fédéral des Transports, Denis Lebel, a remis en question le financement d'Ottawa.

«Si une équipe professionnelle ou junior majeure était destinée à s'établir dans cette infrastructure, alors la demande de modification majeure serait refusée», a-t-il dit.

M. Lebel a justifié cette décision par ce qu'il considère comme un changement de vocation de l'édifice.

Selon le ministre conservateur, il était prévu au départ que les investissements publics servent le sport amateur et non professionnel.

La Presse a rapporté jeudi que le club école du Canadien de Montréal, les Bulldogs, s'installerait dans l'amphithéâtre de Laval, mais cette information a par la suite été contredite par le propriétaire de l'équipe.

Lors d'un point de presse précédant un conseil national, à Montréal, la chef péquiste Pauline Marois, qui a multiplié les efforts pour refaire l'unité de son caucus après la crise des derniers mois, a tenté de minimiser les propos de M. Castonguay, affirmant qu'il n'est que l'un des 90 000 membres du PQ.

«Malheureusement il y a en un qui a quitté, a-t-elle dit. J'aurais aimé qu'il reste.»

En juin dernier, à la suite d'un débat sur un projet de loi pour l'amphithéâtre de Québec, le PQ a été frappé par une vague de démissions.

N'ayant pas encore reçu officiellement la démission de M. Castonguay, le président régional du Parti québécois à Laval, Michel Leduc, a exprimé le souhait qu'il revienne sur sa décision et demeure dans son poste de secrétaire.

Sans partager son avis au sujet de Mme Maltais, M. Leduc estime que M. Castonguay a pris la parole à titre de citoyen, ce qui ne l'empêche pas d'exercer ses fonctions bénévoles sur l'exécutif.

«Je suis content du travail que Pierre fait dans la région, c'est un bon secrétaire», a-t-il dit.

Un porte-parole du PQ, Manuel Dionne, a déclaré qu'il ne revient pas aux instances nationales de déterminer si le militant peut continuer son travail sur l'exécutif.

«On ne partage absolument pas les propos qu'il a tenus, a-t-il dit. C'est à l'exécutif régional de Laval de prendre ses décisions. L'exécutif national du parti ne s'immiscera pas dans la régie interne du PQ de Laval.»

Selon le cabinet du ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, le coût de l'amphithéâtre, pouvant accueillir 10 000 spectateurs, est de 92 millions $.

La porte-parole Julie Boivin a indiqué qu'Ottawa et Québec ont convenu en 2009 de donner chacun 15 millions $ pour le projet, pour un total de 30 millions $.