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27/01/2012 09:40 EST | Actualisé 28/03/2012 05:12 EDT

Les règles ont changé sur Twitter: certains craignent la censure

SAN FRANCISCO - Des blogueurs et des militants de la Chine, du Proche-Orient et de l'Amérique latine ont fait savoir vendredi qu'ils craignaient que les nouvelles politiques du réseau Twitter puissent permettre aux gouvernements de censurer des messages, portant ainsi atteinte à la liberté d'expression.

L'annonce faite jeudi par Twitter, concernant les améliorations apportées à sa technologie pour censurer des messages pays par pays, a suscité des inquiétudes quant à un éventuel affaiblissement de l'engagement de l'entreprise envers le droit à la liberté de parole.

Twitter tente d'élargir son bassin d'utilisateurs et de faire plus de profits en se propageant à l'échelle internationale. La direction de la société estime que la censure sera une façon détournée de s'assurer que les messages individuels d'un maximum de 140 caractères — aussi appelés «tweet» par les abonnés du site —, seront disponibles au plus grand nombre possible de personnes partout dans le monde.

Avant ces modifications, le tweet effacé par l'entreprise disparaissait pour de bon. Ce ne sera toutefois plus le cas en vertu des nouvelles règles, puisqu'un tweet retiré sous prétexte qu'il enfreint la loi du pays dans lequel il a été émis pourra encore être vu dans les autres juridictions et ce, même si le message original a bel et bien été effacé.

Twitter affichera un avis de censure à chaque fois qu'un tweet sera retiré. Une politique semblable est appliquée depuis plusieurs années par le géant de la recherche en ligne Google, qui l'adopte lorsqu'une loi d'un pays exige que le résultat d'une recherche soit retiré.

La compagnie, établie à San Francisco, n'a cessé de croître en popularité depuis son lancement il y a près de six ans. Twitter s'est avéré un moyen de communication crucial dans les mouvements de protestation à travers le monde, notamment celui d'Occupy Wall Street aux États-Unis et le printemps arabe dans les États du Proche-Orient.

Les réactions ont été vives vendredi face à l'annonce de la décision de Twitter. Le militant égyptien Mahmoud Salem, qui tweet sous le pseudonyme de Sandmonkey, a questionné les intentions de la compagnie. Il a écrit dans un message que Twitter pourrait être en train d'essayer de «vendre» les utilisateurs du réseau.