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27/01/2012 03:29 EST | Actualisé 28/03/2012 05:12 EDT

Les Pays-Bas avancent vers l'interdiction de la burqa et du niqab

LA HAYE, Pays-Bas - Le cabinet néerlandais a fait un pas de plus, vendredi, vers l'interdiction de la burqa, respectant ainsi une promesse électorale surtout symbolique mais qui obtient un large soutien parmi la population.

Le vice-premier-ministre Maxime Verhagen a affirmé que le cabinet s'était entendu sur un projet pour interdire le voile intégral islamique, de même que toutes formes de vêtements couvrant le visage, dont le niqab.

La législation doit encore être approuvée par les deux chambres du Parlement aux Pays-Bas, un processus qui pourrait prendre plusieurs mois.

Le gouvernement s'est dit confiant de voir la proposition adoptée.

Déjà percus comme l'un des pays les plus tolérants dans le monde, les Pays-Bas ont emprunté une voie plus conservatrice au cours des dernières années en pressant les immigrants à s'intégrer complètement à la société néerlandaise majoritaire.

Le parlementaire Geert Wilders, dont la popularité a grandi surtout en raison de ses critiques vives de l'islam, a qualifié la décision de «formidable».

Malgré tout, le geste est davantage symbolique, alors que seulement environ 300 femmes aux Pays-Bas porteraient la burqa et que celles-ci seraient rarement vues en public.

Les musulmans, surtout des immigrants en provenance de la Turquie et du Maroc, comptent pour environ un million de résidants sur une population totale de 16,7 millions de personnes.

Le gouvernement néerlandais a fait valoir des raisons de sécurité pour l'interdiction et présenté la proposition comme un moyen de protéger l'ordre public et permettre à tous de «participer pleinement à la société».

«Les gens doivent être en mesure de regarder l'autre dans les yeux», a fait valoir M. Verhagen.

Le gouvernement va de l'avant malgré les critiques du comité aviseur indépendant, le Conseil d'État, qui a affirmé que la mesure pourrait être vue comme une attaque contre la liberté de religion.

M. Verhagen a nié avoir ignoré la mise en garde et soutenu que le cabinet l'avait prise en compte dans la formulation de la proposition de loi.

Le gouvernement estime qu'en invoquant des inquiétudes quant à l'ordre public, la législation ne sera pas vue comme une violation de la Convention européenne des droits de la personne.

Leyla Cakir, à la tête de l'organisation de défense des droits des femmes musulmanes Al Nisa, a dit être surprise et choquée par la proposition.

«Vous enlevez ainsi aux femmes leur droit à l'autodétermination, et tout cela est basé sur la peur», a-t-elle fait valoir.