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27/01/2012 12:11 EST | Actualisé 28/03/2012 05:12 EDT

La France et l'Afghanistan appellent à un retrait plus rapide de l'OTAN

PARIS - La France et l'Afghanistan jugent que l'OTAN devrait devancer d'une année le transfert complet des opérations de combat aux forces afghanes, soit en 2013, a affirmé vendredi le président français Nicolas Sarkozy, soulevant de nouvelles interrogations sur l'unité de l'alliance militaire.

M. Sarkozy a aussi annoncé un retrait prématuré pour la France — qui est le quatrième contributeur de troupes en Afghanistan —, marquant une distanciation de l'objectif américain d'un retrait des forces combattantes à la fin de 2014.

Le président français a annoncé que l'armée française reprendrait dès samedi ses missions de formation en Afghanistan, une semaine après le meurtre de quatre soldats français par un taliban infiltré dans une base militaire en Afghanistan. Il a confirmé le retrait des forces combattantes françaises pour la fin 2013.

La province de Kapisa où se trouve le contingent français passera «sous responsabilité afghane à partir du mois de mars prochain», a annoncé Nicolas Sarkozy après avoir reçu à l'Élysée son homologue afghan Hamid Karzaï.

Il a confirmé le «retour de la totalité des forces combattantes dès la fin de l'année 2013». Le 14 juillet 2011, il avait déjà annoncé que le retrait des troupes françaises «commencerait dès cette année et s'étalera jusqu'à 2013».

La coalition internationale en Afghanistan s'est fixé pour objectif de confier la sécurité du pays aux troupes afghanes d'ici à la fin 2014.

Mais MM. Sarkozy et Karzaï vont demander à l'OTAN «une réflexion sur une totale prise en charge des missions de combat de l'OTAN par l'armée afghane au cours de l'année 2013», a déclaré vendredi le président français. La France portera une proposition en ce sens lors de la réunion des ministres de la Défense de l'OTAN les 2 et 3 février prochains.

Le 20 janvier, le président Sarkozy avait évoqué la possibilité d'accélérer le retrait français d'Afghanistan, après l'attaque meurtrière sur la base militaire de Gwan, dans la province de Kapisa. Un jeune soldat afghan avait tué quatre soldats français et en avait blessé quinze autres.

Le jour même, le chef de l'État déclarait: «Si les conditions de sécurité ne sont pas clairement établies, alors se posera la question d'un retour anticipé de l'armée française.» Et la France suspendait jusqu'à nouvel ordre toutes ses opérations de formation et d'aide au combat en Afghanistan.

Le retrait a été amorcé en octobre dernier: 400 militaires français ont quitté le sol afghan au cours du dernier trimestre 2011. Il en reste 3600. «En 2012, 1000 de plus rentreront du fait du transfert à nos amis afghans de la Kapisa», a déclaré Nicolas Sarkozy vendredi, alors que François Fillon avait évoqué le retour de seulement 600 soldats cette année.

«Les soldats qui resteront feront une action d'encadrement et de formation pour développer l'armée afghane.» En 2014, il ne restera plus qu'une présence française «résiduelle», entièrement dédiée aux actions de formation, a noté M. Sarkozy, en estimant que ces effectifs pourraient être «de l'ordre de quelques petites centaines».

Le candidat socialiste à la présidentielle, François Hollande, promet d'engager «un retrait immédiat» d'Afghanistan. «Il n'y aura plus de troupes françaises dans ce pays à la fin de l'année 2012», écrit le favori des sondages dans ses «60 engagements pour la France».

Quatre-vingt-deux soldats français sont morts en Afghanistan depuis le début de l'intervention lancée fin 2001, après les attentats du 11 septembre aux États-Unis.