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26/01/2012 01:23 EST | Actualisé 27/03/2012 05:12 EDT

Un travailleur allemand est enlevé dans le nord du Nigeria

LAGOS, Nigeria - Un Allemand travaillant pour une société de construction a été enlevé dans le nord du Nigeria jeudi, dans la métropole de Kano où des attentats de la secte islamiste Boko Haram avaient fait 185 morts vendredi dernier, selon la police.

D'après le porte-parole de la police, Magaji Musa Majiya, cet expatrié, est employé par la société Dantata & Sawoe. Deux hommes armés circulant en voiture l'auraient enlevé alors qu'il se trouvait sur un site en construction.

L'ambassade d'Allemagne à Abuja, la capitale, dans le centre du pays, s'est refusée à tout commentaire.

Le Nigeria, le pays le plus peuplé d'Afrique avec plus de 160 millions d'habitants, est profondément divisé entre le Sud majoritairement chrétien et animiste et le Nord musulman où plusieurs États appliquent la charia, la loi coranique. Des violences éclatent régulièrement entre musulmans et chrétiens.

Boko Haram, dont le nom signifie «l'éducation occidentale est un sacrilège» en langue haoussa, parlée dans le Nord, veut instaurer un État islamique au Nigeria et y appliquer strictement la charia.

Il a revendiqué les attentats de vendredi à Kano, ville de neuf millions d'habitants, qui ont frappé des postes de police, des bureaux des services d'immigration et le siège local de la police secrète, et ont fait 185 morts, dont 150 civils.

La secte a tué au moins 510 personnes en 2011, selon le compte tenu par l'Associated Press. Elle a notamment revendiqué un attentat contre une église catholique qui a fait au moins 42 morts le jour de Noël ainsi qu'un autre contre le siège des Nations unies qui a tué 25 personnes à Abuja.

Confronté à ces violences, le président Goodluck Jonathan a nommé mercredi un nouveau chef de la police nationale, Mohammed Abubakar, un homme à la réputation ternie par des allégations selon lesquelles il aurait laissé se déchaîner des violences à caractère religieux et ethnique qui ont fait un millier de morts en 2001 à Jos, dans le centre du pays.

Le nouvel inspecteur général de la police a déclaré qu'il «ne tolérerait aucun acte d'indiscipline». «Crime ou criminalité, quel que soit le nom qu'on lui donne, que soit Boko Haram ou une attaque à main armée, nous combattrons le crime sous toutes ses forme», a-t-il promis.