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26/01/2012 02:16 EST | Actualisé 27/03/2012 05:12 EDT

Temps de parole et budget: le PQ ne va pas laisser le champ libre à la CAQ

QUÉBEC - Le Parti québécois n'entend pas laisser la Coalition avenir Québec (CAQ) récupérer comme bon lui semble les privilèges parlementaires dont jouissait l'Action démocratique à l'Assemblée nationale.

Si l'ADQ a pu mériter la reconnaissance de l'Assemblée nationale en 2009, rien n'est moins sûr pour la Coalition de François Legault, a soutenu le député Stéphane Bédard, jeudi, en marge du conseil national du Parti québécois à Joliette.

«Au moment où l'on se parle, l'ADQ existe encore, il y a un chef de l'ADQ payé selon les règles de l'Assemblée nationale. On est comme entre deux chaises, le caméléon n'a pas encore tout à fait changé de peau. Qu'ils fassent la demande pour se transformer et on verra», a dit le leader parlementaire du PQ.

Avec ses neuf députés dont six proviennent des rangs adéquistes, la CAQ espère conserver le statut de deuxième groupe d'opposition qui avait été accordé à l'ADQ dans une entente signée en 2009.

Ce statut s'accompagne de budgets substantiels pour la recherche et le fonctionnement du groupe parlementaire et prévoit un nombre déterminé d'interventions pendant les travaux.

L'Action démocratique avait été reconnue officiellement même si elle ne répondait pas aux critères inscrits dans le règlement de l'Assemblée nationale.

En principe, un parti doit compter 12 députés ou avoir récolté 20 pour cent du vote pour être reconnu. Or, l'ADQ ne comptait que sept députés et avait recueilli 16 pour cent du suffrage au scrutin de 2008.

Mais la dérogation était justifiée parce que l'Action démocratique avait reçu un soutien populaire «réel» à l'élection, a rappelé M. Bédard.

La CAQ et ses «neuf vire-capots» sont dans une situation bien différente, a-t-il ajouté.

«Quand on a signé l'entente en 2009, l'ADQ avait reçu un appui populaire réel, on sortait d'une élection, la population s'était prononcée.»

Pour l'instant, M. Bédard considère les députés de la CAQ comme des parlementaires indépendants. Le président de l'Assemblée nationale dispose de toute la marge de manoeuvre pour conférer à ces députés un droit de parole conséquent, a-t-il fait valoir.

«Des indépendants, il y en avait à la dernière session et je me suis assuré que chacun ait un droit de parole reconnu et ça va être le cas. Le président a toute la latitude pour s'assurer que chaque député indépendant ait son droit de parole», a-t-il dit.

En mission en Europe pour la rencontre économique de Davos, le premier ministre Jean Charest a refusé, quant à lui, de se mouiller sur le statut de la CAQ.

Il a préféré s'en remettre à l'autorité du président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon.

«Ils (les caquistes) vivront avec la décision que le président rendra. Nous, on va laisser le président faire son travail. Mme Marois s'est prononcée contre (la reconnaissance de la CAQ) mais nous, on va respecter l'institution et ce sera au président de l'Assemblée nationale à se prononcer là-dessus», a-t-il dit.

M. Chagnon va trancher sur le statut de la Coalition à la reprise des travaux parlementaires le 14 février. Il doit entendre, d'ici là, les arguments de la direction de la CAQ.