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26/01/2012 05:17 EST | Actualisé 27/03/2012 05:12 EDT

Pauline Marois lance des attaques contre les conservateurs

JOLIETTE, Qc - Le gouvernement conservateur de Stephen Harper attaque les valeurs québécoises de front, a déclaré jeudi la chef péquiste Pauline Marois, en reprenant à son compte les munitions utilisées par le Bloc québécois lors de sa dernière campagne électorale.

Mme Marois a fait ces déclarations au terme d'une rencontre de deux jours avec ses députés, qui leur a permis de sceller une apparente unité.

Lors d'une conférence de presse, Mme Marois a repris les attaques formulées par l'ex-chef bloquiste Gilles Duceppe, lors de la campagne électorale fédérale, en avril, qui s'est soldée par la quasi-disparition de son parti.

Selon la chef péquiste, la situation actuelle est pire que jamais, puisque les conservateurs sont maintenant majoritaires.

«Maintenant nous avons devant nous le vrai gouvernement conservateur, qui a été élu et qui prend des décisions qui vont à l'encontre de nos intérêts, a-t-elle dit. C'est pour lui les prisons avant l'éducation.»

La chef péquiste a cité les récents exemples de modifications proposées par les conservateurs pour durcir la loi contre les jeunes contrevenants, pour abolir le registre des armes à feu, ainsi que les investissements fédéraux dans le domaine militaire.

Mme Marois a répété qu'un gouvernement du PQ réclamera des pouvoirs à Ottawa, ce qui, en cas d'échec, permettrait de démontrer les limites du fédéralisme, parallèlement à la promotion de la souveraineté.

«S'il nous dit non, ça fera la démonstration qu'il est très difficile de réformer le fédéralisme pour que les intérêts des Québécois soient reconnus, a-t-elle dit. Et moi c'est essentiellement une partie des conclusions que j'en tirerai.»

Mme Marois a confirmé que des discussions franches se sont déroulées lors du caucus, qui a suivi l'agitation intense provoquée par la perspective de l'arrivée de M. Duceppe à la tête du PQ.

«Ce que l'on s'est dit, c'est qu'on devait mettre de côté nos quelques différends que ce soit, et notre responsabilité c'est de servir les Québécois», a-t-elle dit.

Selon la chef péquiste, les divergences internes ont empêché son parti de «connecter» avec la population.

«Nous n'avons plus de temps à perdre, il n'y a que du temps perdu, a-t-elle dit. Nous devons nous unir.»

Plus tôt, le député de Richelieu, Sylvain Simard, a affirmé qu'il ne craint pas de contestation du leadership de Mme Marois lors du conseil national de ce week-end.

«Je ne vois aucune indication de cela, a-t-il dit. On fera face à la musique, si elle est là.»

Par ailleurs, la perspective d'une alliance électorale entre le PQ et Québec solidaire semblait plus hypothétique que jamais, jeudi, après une première altercation entre deux députés des formations politiques.

En marge d'une réunion avec ses collègues, le péquiste Denis Trottier a accusé Amir Khadir de tenir des propos incohérents.

Lors d'un point de presse, M. Trottier a réagi vivement aux déclarations de M. Khadir, député de QS, selon qui le Parti québécois ne fera pas la souveraineté.

«Sur la question de l'indépendance, on ne les entend pas, a-t-il dit. S'il y a un parti qui veut et qui va faire l'indépendance, c'est le Parti québécois, soyons clairs. Dire n'importe quoi, ce n'est pas crédible.»

Cet accrochage survient alors que les députés péquistes ont brièvement discuté de cette épineuse question, mercredi, lors de la première journée de leur caucus dans un hôtel de Joliette.

Le sujet a été abordé pendant dix minutes, a précisé jeudi Sylvain Simard.

À cette occasion la chef péquiste, Mme Marois, a indiqué qu'elle se chargera personnellement du dossier. Des études seront faites pour évaluer cette opportunité d'ici les prochaines élections, ont indiqué ses députés réunis en caucus.

Réagissant au débat qui anime le PQ au sujet des alliances, M. Khadir a déclaré dans une entrevue à La Presse son pessimisme quant à une éventuelle alliance électorale.

M. Khadir a nié avoir approché la moitié du caucus péquiste, contrairement à ce que le député du PQ Nicolas Girard a affirmé mercredi.

Haussant le ton, M. Khadir a soutenu que ce sera son parti qui fera la souveraineté et non les péquistes.

Sans conclure que les ponts sont brûlés, M. Trottier avait peu d'espoir, jeudi, qu'un accord soit possible avec QS.

«Il faut essayer de travailler avec eux-autres, a-t-il dit. Je pense que c'est l'avenir qui va nous le dire.»