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26/01/2012 05:08 EST | Actualisé 27/03/2012 05:12 EDT

Libye: MSF suspend ses activités dans des prisons en raison de la torture

BENGHAZI, Libye - L'organisme Médecins sans frontières (MSF) suspend son travail dans les prisons de la ville de Misrata, en Libye, soutenant que la torture y est si répandue que certains détenus sont envoyés pour être soignés à la seule fin qu'ils soient de nouveau en état d'être interrogés.

Cette annonce, survenue jeudi, était accompagnée d'une déclaration d'Amnistie internationale faisant état de nombreux cas d'agressions de prisonniers dans d'autres villes également, dont certaines ayant mené à la mort de plusieurs détenus.

Les allégations, qui surviennent plus de trois mois après que l'ancien dirigeant Mouammar Kadhafi eut été capturé et tué, embarrassent le Conseil national de transition, qui éprouve des difficultés à établir son autorité dans le pays toujours divisé.

Médecins sans frontières affirme que depuis août, son équipe médicale a soigné 115 personnes à Misrata dont les blessures semblaient causées par de la torture, incluant des brûlures de cigarettes, d'autres causées par des chocs électriques et des fractures.

Deux détenus seraient morts après avoir été interrogés, selon le directeur général de l'organisme.

Christopher Stokes a affirmé que des détenus sont transportés pour être soignés en pleine interrogation, afin qu'ils soient capables d'être interrogés à nouveau, ajoutant que le rôle de l'organisme est de soigner des civils et des détenus malades, pas de traiter sans arrêt les mêmes patients pour qu'ils soient torturés de plus bel.

Le Conseil national de transition, soutenu par les pays occidentaux, a reconnu que certains prisonniers détenus par les forces révolutionnaires ont été battus. Il a ajouté que les mauvais traitements ne sont pas systématiques et s'est engagé à résoudre le problème.

Amnistie internationale a déclaré avoir rencontré plusieurs détenus de Tripoli, Misrata et Gharyan qui démontraient des signes visibles de torture. L'organisme a aussi dit que les tortures, qui semblent viser les forces encore fidèles au régime Kadhafi et certains individus originaires d'autres pays africains, sont menées par des organes militaires et policiers reconnus officiellement, ainsi que par des milices opérant sans statut légal.