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26/01/2012 07:19 EST | Actualisé 27/03/2012 05:12 EDT

Le PM fait des propositions pour le référendum sur l'indépendance de l'Écosse

EDIMBOURG, Royaume-Uni - Le premier ministre écossais Alex Salmond a souhaité jeudi que le référendum sur l'indépendance de l'Écosse prévu pour 2014 comporte une question directe à laquelle il faudra répondre par oui ou non et, éventuellement, une troisième option d'autonomie accrue. Il a aussi plaidé pour l'abaissement du droit de vote à 16 ans au lieu de 18 actuellement.

L'Écosse et l'Angleterre se sont unies en 1707 pour former la Grande-Bretagne. À la suite d'un référendum en 1997, l'Écosse a gagné une autonomie significative avec la mise en place du Parlement écossais siégeant à Edimbourg, mais les indépendantistes souhaitent que le pays d'environ 5,2 millions d'habitants devienne indépendant au sein de l'Union européenne.

Alex Salmond, qui dirige le Parti national écossais (SNP), indépendantiste, a proposé aux députés d'Edimbourg que le référendum porte sur la question suivante: «Êtes-vous d'accord pour que l'Écosse soit un pays indépendant?». Éventuellement, l'électeur pourrait opter pour une autonomie accrue proche de l'indépendance.

Si le «oui» l'emportait, l'Écosse deviendrait indépendante avec le renouvellement du Parlement en mai 2016.

La formule proposée par M. Salmond sera probablement interprétée comme biaisée en faveur de l'indépendance. Les opposants à l'indépendance voudraient que le vote se tienne aussitôt que possible car les sondages actuels suggèrent qu'un tiers seulement des Écossais voudraient se séparer de l'Angleterre.

M. Salmond propose par ailleurs d'avancer l'âge du droit de vote de deux ans, soulignant que «si quelqu'un peut s'engager dans l'armée, se marier et payer des impôts à 16 ans en Écosse, assurément, il ou elle devrait pouvoir donner son avis sur l'avenir constitutionnel de ce pays».

Le leader du SNP estime que l'indépendance conduirait à «une relation nouvelle, plus moderne, entre les nations de ces îles (britanniques), un partenariat d'égal à égal».

Les électeurs écossais sont invités à soumettre leurs suggestions pour la formulation exacte de la consultation, qui fait aussi l'objet de négociations avec le gouvernement britannique de Londres du conservateur David Cameron. Celui-ci entend garder le dernier mot quant à l'autorisation d'un référendum contraignant et pourrait insister pour que la commission électorale fixe la formulation de la question.

David Cameron voudrait pour sa part que le référendum porte sur une seule question à laquelle il faudrait répondre par «oui» ou «non», sans troisième option d'autonomie maximum. Le premier ministre britannique a ajouté mercredi que tous les citoyens britanniques devraient avoir leur mot à dire sur un changement de statut de l'Écosse car cela concerne le Royaume-Uni dans son ensemble.

Alex Salmond a précisé qu'une Écosse indépendante garderait la reine Elizabeth II comme chef de l'État mais refuserait d'envoyer des troupes dans «des guerres illégales comme l'Irak» et n'aurait «pas d'armes nucléaires basées sur le sol écossais», alors que l'Écosse accueille actuellement la flotte britannique de sous-marins nucléaires.

Le dirigeant travailliste écossais Johann Lamont, dont le parti est opposé à l'indépendance, a accusé M. Salmond de négliger les Ecossais qui voudraient rester dans la Grande-Bretagne. «Pourquoi prend-il pour acquis que nous voulons tous être indépendants les uns des autres alors que nous savons tous, en tant que familles et communautés, que nous voulons nous réunir dans le partenariat et la coopération?», a-t-il lancé.