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25/01/2012 08:59 EST | Actualisé 26/03/2012 05:12 EDT

Sarkozy invite les religieux à prendre part au débat présidentiel

PARIS - À trois mois de la présidentielle, le chef d'État français Nicolas Sarkozy a invité mercredi les représentants des cultes, qu'il recevait à l'Élysée pour ses voeux aux autorités religieuses, à «faire entendre (leur) voix dans le débat public».

Alors que plusieurs candidats de gauche, dont le socialiste François Hollande, proposent d'ouvrir le mariage aux personnes du même sexe, le chef d'État a estimé que l'opinion des religieux sur la famille était susceptible d'intéresser «la société tout entière».

Dans son discours, Nicolas Sarkozy a fustigé «l'intégrisme de la laïcité» qui «consisterait à exclure de la sphère publique toute référence culturelle ou intellectuelle à la religion».

À l'approche de la présidentielle, il a exhorté les représentants des différents cultes «non pas à descendre dans l'arène politique, mais à faire entendre (leur) voix dans le débat public».

«Dites à la société ce que vous avez à lui dire, elle peut l'entendre», a-t-il lancé aux délégués des autorités chrétiennes, musulmanes, juives et bouddhistes.

«Comment imaginer qu'avec la profonde expérience des sentiments humains qui est la vôtre, ce que vous pensez de la famille ne puisse pas parler à la société tout entière», s'est demandé Nicolas Sarkozy. L'Église catholique s'oppose fermement au mariage et à l'adoption par des couples de même sexe.

Par ailleurs, le chef d'État a une nouvelle fois évoqué les «racines juives de la France», une formule qu'il avait utilisée l'an dernier au dîner du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France). Il a souligné que le chantier de fouille d'Ennezat (Puy-de-Dôme), qui est en train de mettre au jour «la plus grande nécropole médiévale juive d'Europe occidentale», prouve l'ancienneté de ces racines.

Nicolas Sarkozy a assuré que les agressions contre les symboles religieux avaient été «quasiment contenues» en 2011, même s'il reste «préoccupé par leur nombre».

Il a dénoncé «l'imbécilité profonde» des profanations «satanistes» de chapelles et de cimetières chrétiens. Il a jugé également «inacceptables» les profanations de cimetières juifs et musulmans.

Le chef d'État a condamné les insultes au sentiment religieux. «La liberté d'expression n'exclut pas le respect de l'autre, de son intimité, de sa conscience», a-t-il estimé. «L'irrespect n'induit pas forcément le talent.»

«Que l'on ne vienne pas invoquer Voltaire pour tout justifier», a-t-il sermonné. «L'ironie, même grinçante, n'est pas l'insulte.»