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25/01/2012 01:35 EST | Actualisé 26/03/2012 05:12 EDT

Premières nations: le ministre Duncan prédit un budget en conséquence

OTTAWA - Le prochain budget fédéral reflétera les priorités établies mardi par les leaders autochtones et le gouvernement, a assuré le ministre des Affaires autochtones, John Duncan, au lendemain du sommet d'Ottawa.

Les deux parties se sont engagées à donner suite aux recommandations sur une réforme dans le secteur de l'éducation, en plus de mettre sur pied des groupes de travail dans le dossier de la structure de financement d'Ottawa, et dans celui du développement économique.

Le ministre Duncan s'est dit persuadé que lui et le chef national de l'Assemblée des Premières Nations, Shawn Atleo, étaient au diapason quant aux étapes à suivre.

Il a affirmé que leurs priorités étaient les mêmes et qu'un important partenariat les liait. Le ministre Duncan a poursuivi en citant l'importance que revêtent le développement économique et les emplois, ajoutant que c'était aussi la direction souhaitée par Ottawa. Il a prédit que le budget fédéral reflétera cette concordance de vues.

M. Atleo a de son côté affirmé que certains secteurs, dont l'éducation, devaient être traités en priorité pour le bénéfice de tous, et pas seulement des communautés autochtones. L'avenir de l'économie canadienne dépend de cet enjeu, une vision partagée par le premier ministre Stephen Harper et son gouvernement, a fait valoir M. Atleo mercredi en conférence de presse à Ottawa.

M. Atleo a soutenu qu'à son avis, il était possible pour les deux parties de faire preuve de pragmatisme dans des secteurs comme l'éducation, et de travailler de concert pour assurer la mise en oeuvre de changements. «Ce sont là les prochaines étapes normales vers lesquelles nous devons tendre», a-t-il soutenu.

Le grand chef a réitéré son appel en faveur de la jeunesse autochtone lancé la veille, plaidant qu'il était hors de question de la faire attendre davantage.

À l'issue de leurs discussions de mardi, les leaders des premières nations et le gouvernement conservateur se sont engagés à renouveler leur relation en s'attaquant à une série de problèmes qui perdurent au sein des communautés autochtones.

Certains chefs ont toutefois fait valoir que ce sont précisément les jeunes autochtones qui ont été laissés pour compte lors de cette journée de négociations.

«Nous avons des problèmes de santé et des problèmes sociaux qui sont endémiques, des inégalités flagrantes pour le financement de nos étudiants, et pratiquement aucune part dans les milliards de dollars des ressources qui sont volées de nos terres traditionnelles», a déploré le chef de la nation Anishinabek, Patrick Madhabee.

«Ce que nous avons entendu, ce n'est qu'un piètre ramassis des supposés 'accomplissements' du gouvernement Harper pour nos communautés et nos citoyens», a-t-il poursuivi.

Plusieurs espéraient que les discussions de mardi aboutissent à l'annonce de programmes qui auraient contribué à l'amélioration des conditions de vie des Autochtones vivant sur les réserves. La situation déplorable dans laquelle vivent certaines familles de la communauté d'Attawapiskat, dans le nord de l'Ontario, avait fait les manchettes au pays et même à l'étranger, à la fin de 2011.

La crise avait alors poussé le gouvernement fédéral à fixer une date pour la tenue de discussions avec les leaders autochtones, alors qu'une telle rencontre était promise depuis juin 2011.

La chef du conseil de bande d'Attawapiskat, Theresa Spence, a estimé que la rencontre de mardi n'avait donné lieu qu'à de minuscules avancées. «Nous connaissons les problèmes depuis longtemps. Et ils sont toujours présents. Alors, si le gouvernement nous dit: 'Nous déposerons un rapport en 2013', c'est trop long. Je n'ai pas une très grande confiance dans ce gouvernement pour l'instant», a-t-elle lancé.

M. Atleo a reconnu que les études et les groupes de travail planchant sur les problèmes des communautés autochtones n'avaient rien de nouveau. Il a toutefois plaidé que cette fois-ci, la situation était différente. Selon lui, les négociations de mardi visaient à établir un consensus pour que les deux parties travaillent de concert.