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25/01/2012 04:19 EST | Actualisé 26/03/2012 05:12 EDT

Grippe aviaire: de nouvelles informations sont dévoilées par un virologue

TORONTO - L'un des scientifiques impliqués dans le débat concernant des études «censurées» sur la transmission à l'homme de la grippe aviaire a décidé de rompre le silence.

Le virologue Yoshihiro Kawaoka a choisi de dévoiler, dans un article à paraître dans la revue Nature, des informations sur ses travaux qui n'avaient pas été divulguées jusque-là.

M. Kawaoka révèle ainsi que le virus hybride élaboré dans son laboratoire, qui contient des éléments du dangereux virus H5N1 ainsi que des gènes du virus de la grippe H1N1 de 2009, s'était rapidement transmis chez les furets utilisés lors de ses travaux.

Le chercheur, qui a mené son étude à l'Université du Wisconsin à Madison, a toutefois précisé que la version hybride du virus n'avait pas tué un seul des furets. L'animal est considéré comme le plus susceptible de prédire le comportement du virus chez l'Homme.

M. Kawaoka a indiqué que ce virus mutant n'était pas plus pathogène pour les animaux que le virus H1N1 ne l'a été pour l'humain en 2009.

Il souligne dans ses commentaires que de tels travaux sont primordiaux à la compréhension de la transmission du virus à l'espèce humaine, et plaide en faveur de la poursuite de telles recherches.

M. Kawaoka dirige l'un des deux laboratoires visés par la controverse. L'autre est dirigé par le virologue Ron Fouchier, du centre médical Erasmus à Rotterdam, aux Pays-Bas. Les résultats des travaux de M. Fouchier sur l'évolution du virus H5N1 doivent quant à eux être publiés par une autre revue scientifique, Science.

Ces articles expliquent comment ces scientifiques des Pays-Bas et des États-Unis ont contraint le virus H5N1 à évoluer pour qu'il soit transmissible à d'autres furets.

Mais avant que Nature et Science ne puissent publier leurs travaux, un comité d'experts en biosécurité avait recommandé à l'administration américaine de demander la suspension de la publication de ces articles dans les deux revues.

Le Comité américain consultatif sur la biosécurité affirmait que ces articles ne donnaient ni plus ni moins que la recette pour transformer le virus H5N1 en une «arme bactériologique».

L'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a été nommée comme médiateur dans cette affaire, a annoncé la tenue d'une rencontre à Genève vers la mi-février.

Selon le porte-parole de l'OMS dans le dossier, le Dr Keiji Fukuda, la réunion rassemblera une cinquantaine de personnes, dont MM. Kawaoka et Fouchier, de même que des spécialistes de la grippe aviaire à l'OMS, et un représentant du comité américain sur la biosécurité.