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24/01/2012 11:15 EST | Actualisé 25/03/2012 05:12 EDT

Une coalition réclame un meilleur affichage nutritionnel des boissons sucrées

MONTRÉAL - La Coalition poids demande au gouvernement fédéral de modifier certaines règles sur les boissons sucrées de toutes sortes, notamment celles sur l'affichage nutritionnel.

Présentement, ces boissons ne sont pas toutes tenues d'afficher un tableau indiquant leur valeur nutritive, puisque certaines sont considérées comme des produits de santé naturel plutôt que des aliments et en sont donc dispensées.

Les règles ne sont pas les mêmes pour tous et c'est ce qu'a dénoncé, mardi, la Coalition québécoise sur la problématique du poids, au cours d'une rencontre avec la presse pour présenter ses recommandations ainsi qu'une enquête réalisée auprès de 10 000 jeunes du secondaire, étudiant dans 87 écoles du Québec.

Cette enquête révèle l'ampleur du phénomène de la consommation de ces boissons sucrées chez les jeunes. Environ 61 pour cent d'entre eux ont rapporté consommer régulièrement des boissons à saveur de fruits, 44 pour cent des boissons gazeuses et 28 pour cent des boissons pour sportifs.

De plus, 35 pour cent consomment à l'occasion des boissons énergisantes.

Il existe aujourd'hui 30 marques vendues au Canada et pas moins de 200 saveurs: boissons pour sportifs, boissons énergisantes, eaux vitaminées, boissons gazeuses et boissons à saveur de fruits.

Selon Véronique Provencher, professeure à l'Université Laval au Département des sciences des aliments et de la nutrition, une cannette de boisson sucrée contient en moyenne sept cuillerées à thé de sucre.

«C'est la principale source d'apport en sucre chez les 9 à 18 ans. Également, la consommation est extrêmement forte, particulièrement auprès du segment des 14 à 18 ans. Un garçon va en consommer environ un demi litre en moyenne par jour, alors qu'une fille, ça peut aller autour d'un tiers de litre par jour», a précisé Suzie Pellerin, directrice de la Coalition poids.

Demandes

Sa coalition demande d'abord que toutes les boissons sucrées soient traitées sur le même pied et soient donc tenues d'afficher un tableau indiquant leur valeur nutritive.

Elle tient aussi à ce qu'il soit clairement indiqué que les boissons énergisantes sont déconseillées aux moins de 18 ans, non pas seulement déconseillées aux jeunes.

Elle veut aussi que soit formé un groupe de travail sur le sucre afin d'étudier notamment la possibilité de limiter le contenu en sucre dans les boissons sucrées.

Elle propose aussi que l'on abaisse le contenu maximal en caféine autorisé dans les boissons énergisantes.

«Rivaliser avec les investissements massifs et la forte créativité des gens de marketing des boissons sucrées exige de la part de nos gouvernements une intervention pour équilibrer les forces, un peu comme ça a été le cas avec le tabac», a justifié Mme Pellerin.

Réaction

De son côté, l'Association des embouteilleurs de boissons gazeuses du Québec affirme qu'elle trouverait effectivement plus équitable que les normes sur l'affichage nutritionnel soient les mêmes pour tous.

Le conseiller spécial de l'association, Martin-Pierre Pelletier, explique que «si on a mis sur le marché des produits qui ont la désignation de Produit de santé naturel (PSN), ce n'est pas notre choix, c'est Santé Canada et la réglementation qui nous ont obligés».

Il rappelle qu'un premier pas a déjà été franchi dans le cas des boissons énergisantes, qui ne seront plus considérées comme des Produits de santé naturels, mais comme des aliments soumis à la Loi sur des aliments. «On trouve que c'est un pas dans le bon sens. Les autres produits, eaux vitaminées et autres, j'imagine que ça va aller dans ce sens-là aussi», a-t-il opiné.

Son association n'est toutefois «pas d'accord avec le ton et l'attitude» de la Coalition poids sur tous les éléments de ce dossier.