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24/01/2012 06:06 EST | Actualisé 25/03/2012 05:12 EDT

La mission de la Ligue arabe en Syrie est compromise

BEYROUTH - Avec une pression de pays arabes qui s'accentue pour mettre fin à 10 mois de violences, le régime syrien a promis mardi de régler ses propres problèmes, tout en déplorant que «la moitié de l'univers» complote contre lui.

Ces propos laissent croire que les efforts de la Ligue arabe pour mettre fin aux violences s'écroulent — ce qui pourrait ouvrir la voie à l'entrée en jeu du Conseil de sécurité des Nations unies, même si la Russie est opposée fermement à des mesures punitives contre son allié de longue date.

Le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid al-Moallem, a écarté la menace d'une implication du Conseil de sécurité — qui pourrait mener à des sanctions plus sévères. Cette perspective a suscité les craintes en Syrie d'une éventuelle intervention de la communauté internationale sur le terrain.

Le ministre syrien a même déclaré en conférence de presse, à Damas, qu'il revenait aux dirigeants de se rendre à l'ONU à New York ou «sur la Lune» s'ils le désirent, mais que Damas ne leur paierait pas leur billet.

Il réagissait à un appel du Conseil de coopération des États arabes du Golfe à prendre «toutes les mesures nécessaires» pour forcer la Syrie à implanter un plan de la Ligue arabe exhortant le gouvernement et les forces d'opposition à former un gouvernement d'union nationale d'ici deux mois.

Un haut responsable syrien resté anonyme avait expliqué lundi que Damas considérait ce nouveau plan comme «une violation de sa souveraineté et une ingérence flagrante dans ses affaires intérieures».

Ce gouvernement d'unité nationale aurait pour mandat de préparer des élections présidentielle et parlementaires libres, sous la supervision arabe et internationale.

Dans ce nouveau plan, le président Bachar el-Assad donnerait à son vice-président le pouvoir de coopérer avec ce gouvernement pour qu'il puisse agir.

Le Conseil de coopération des États arabes du Golfe a aussi annoncé que ses six pays membres — l'Arabie saoudite, le Koweït, le Qatar, le Bahreïn, Oman et les Émirats arabes unis — retiraient ses 52 observateurs de la mission de la Ligue arabe ayant été largement critiquée pour son échec à stopper la répression depuis son arrivée en Syrie fin décembre.

Depuis le début de l'insurrection populaire en mars, la répression par les forces de sécurité syrienne a fait plus 5400 morts, selon un bilan de l'ONU.