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23/01/2012 09:32 EST | Actualisé 24/03/2012 05:12 EDT

Un médicament ralentit la progression du cancer de la prostate, selon une étude

TORONTO - Une catégorie de médicaments utilisée depuis longtemps pour contrer l'extension de la prostate semble avoir des impacts positifs auprès des hommes atteints d'une forme à faible risque et localisée de ce cancer.

La progression de la maladie s'en trouverait ralentie et l'anxiété du patient serait réduite, conclut une étude internationale menée par le Canada.

Des essais cliniques ont été effectués pendant trois ans auprès de 302 hommes âgés entre 48 et 82 ans atteints d'une forme peu risquée de la maladie. Les patients ont été supervisés régulièrement pour des changements cliniques, un type de traitement appelé la «surveillance active».

L'étude, publiée en ligne lundi sur le site de The Lancet, démontre qu'un délai considérable dans la progression de la maladie a été noté chez les hommes soignés avec du dutastéride, une classe de médicaments appelés inhibiteurs de la 5-alpha-réductase. Parmi ceux qui ont reçu la médicamentation active, 38 pour cent ont observé une progression de la maladie, comparativement à 48 pour cent de ceux qui faisaient partie du groupe placebo.

La biopsie finale de l'étude démontre par ailleurs que 36 pour cent des hommes traités avec le médicament étaient moins susceptibles d'être diagnostiqués avec un cancer, contre 31 pour cent de ceux du groupe placebo.

Le chercheur principal et directeur du département d'urologie du Centre de santé de l'université de Toronto, le Dr Neil Fleshner, a expliqué que les hommes à qui le dutastéride a été administré de façon aléatoire avaient moins tendance à déclarer qu'ils ne voulaient plus tolérer le stress d'être sous surveillance.

Ils étaient aussi moins susceptibles d'avoir un mauvais rapport pathologique à mesure que les biopsies suivantes étaient menées, a-t-il ajouté.

Le Dr Fleshner a souligné que l'étude démontrait qu'une surveillance active, conjuguée à la prise de médicament, était une option de traitement efficace et sécuritaire pour les hommes qui subissent fréquemment des traitements agressifs même s'ils ont peu de chances de succomber à leur maladie.

Le médecin a qualifié ces conclusions de «très bonne nouvelle» pour les hommes atteints d'un cancer de la prostate peu risqué, compte tenu du fait que les soins agressifs ont de lourdes conséquences sur leur qualité de vie, notamment en raison de possibilités d'impotence et d'incontinence.

«Il s'agit de la première étude prouvant que les inhibiteurs de la 5-alpha-réductase, comme le dutastéride, diminuent la nécessité de recourir à des traitements agressifs pour les cas de maladies à faible risque», a-t-il poursuivi. Ce médicament agit en inhibant les hormones sexuelles mâles qui provoquent l'extension de la prostate, a expliqué le Dr Fleshner.

Un faible pourcentage des hommes ayant participé à l'étude ont fait état d'effets secondaires liés au médicament, dont une baisse de la libido, des difficultés érectiles, ou une augmentation de la poitrine. L'arrêt de la prise du médicament entraîne également la disparition de ces effets secondaires.

«Je crois que l'étude nous prouve qu'en utilisant ces médicaments, nous pouvons éviter aux hommes des traitements inutiles pour des périodes de temps plus longues. Et j'espère que cela accroîtra la tendance des hommes à accepter et choisir cette option», a souligné le Dr Fleshner.

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