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23/01/2012 06:37 EST | Actualisé 24/03/2012 05:12 EDT

Pirates somaliens: les ambitions d'Ottawa doivent être freinées

OTTAWA - Le gouvernement de Stephen Harper aimerait que la marine canadienne joue un plus grand rôle dans la lutte contre les pirates somaliens dans les eaux de la côte est de l'Afrique mais ses ambitions sont freinées par un vide juridique concernant ces éventuels prisonniers, révèlent des documents.

Les efforts de la communauté internationale pour éradiquer la piraterie visant les navires commerciaux dans le golfe d'Aden, entre autres, constituent une démarche qu'Ottawa «soutient fortement». Il s'agit par ailleurs d'une méthode parfaite et peu risquée pour le Canada de démontrer sa puissance militaire.

Une série de notes préparatoires, obtenues par La Presse Canadienne grâce à la Loi d'accès à l'information après une demande déposée au bureau du ministre de la Défense, Peter MacKay, et du commandant de la marine, font état de l'ardeur qui habitait le gouvernement fédéral dans sa volonté de renouveler son mandat dans cette mission.

La réalité a toutefois agi comme une douche froide sur cet enthousiasme, alors qu'il n'existe pas de lieu indiqué pour juger les pirates à la suite de leur arrestation.

«Bien que le droit international prévoit que tout État puisse exercer sa compétence contre la piraterie dans les eaux internationales, les efforts pour contrer le phénomène au large de la côte de la Somalie continuent à être ralentis par un manque d'autorité dans les lois nationales, de même que par des interrogations à propos des individus appréhendés, qui sont soupçonnés de piraterie et d'autres crimes liés à ces activités», écrit, dans une note datée du 3 novembre 2010, le sous-ministre de la Défense, Robert Fonberg.

La dernière fois qu'un navire de guerre canadien a procédé à l'arrestation de pirates remonte à avril 2009. Les individus avaient du être relâchés, en raison du vide juridique à ce chapitre.

Le vice-amiral Paul Maddison, qui dirige la Marine royale canadienne, a par ailleurs reconnu que le problème n'avait toujours pas été résolu.

«Des États différents posent des gestes différents dans ce cas-ci. Et je ne crois pas que nous aurons droit à un désir ardent de parvenir à un consensus international pour un nouveau régime juridique international en matière de détentions», avait-il soutenu lors d'une entrevue avec La Presse Canadienne.

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