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23/01/2012 11:03 EST | Actualisé 24/03/2012 05:12 EDT

FECQ et FEUQ: possibilité d'une grève générale sur les droits de scolarité

MONTRÉAL - Les fédérations étudiantes collégiale et universitaire (FECQ-FEUQ) n'écartent pas la possibilité de déclencher une grève générale d'ici la fin de la session si le gouvernement Charest maintient la hausse prévue de 1625 $ des droits de scolarité.

C'est ce qui a été décidé lors d'un congrès conjoint tenu en fin de semaine.

La FECQ et la FEUQ vont entre-temps intensifier les moyens de pression pour forcer le gouvernement à faire marche arrière.

Ainsi, tout le mois de février, chaque association fera «au moins» une action par semaine qui visera directement les libéraux du premier ministre Jean Charest. Les bureaux de députés pourraient notamment être «visités» par des étudiants. Des séances d'appels téléphoniques à répétition pourraient également être organisées, tout comme des actions dans les conférences de presse tenues par des élus libéraux.

La rentrée parlementaire à l'Assemblée nationale, le 14 février prochain, devrait aussi être ciblée par les militants étudiants.

De plus, une manifestation nationale aura lieu le 22 mars à Montréal. Les deux fédérations étudiantes veulent mobiliser une foule encore plus nombreuse que le 10 novembre dernier où environ 30 000 étudiants s'étaient rassemblés.

La FECQ et la FEUQ affirment que le gouvernement fait la sourde oreille à leurs revendications et qu'il refuse carrément de les rencontrer. Selon les fédérations, l'attitude du gouvernement oblige les étudiants à envisager des actions et même la grève.

«C'est bien important de comprendre que les étudiants ne font pas ça de gaieté de coeur, bien au contraire, a affirmé en entrevue Léo Bureau-Blouin, président de la FECQ. Cependant, on pense que toute victoire implique sa dose de sacrifice. Devant tant de fermeture de la part du gouvernement, ça ne nous laisse plus le choix.»

Il croit que le premier ministre Jean Charest ne place pas l'éducation en tête de ses priorités.

«Par exemple, le premier ministre nous répète ad nauseam qu'on doit investir des milliards de dollars dans un Klondike hypothétique au nord du 49e parallèle. Mais ce qu'on s'est dit finalement, c'est que le véritable Klondike est peut-être dans la tête de chacun des jeunes québécois et que, si on investissait ne serait-ce qu'une fraction de ce que le gouvernement s'apprête à investir dans le Plan Nord, on pourrait avoir les meilleures universités au monde», a dit Léo Bureau-Blouin.

Par ailleurs, une étude dévoilée lundi par l'Institut de recherche en économie contemporaine (IREC) révèle que la décision du gouvernement d'augmenter les droits de scolarité lui coûtera 76,5 millions $, en raison de la hausse des crédits d'impôts et de l'aide financière accordées aux étudiants.

Le même rapport souligne que l'abolition des droits de scolarité coûterait entre 176 et 405 millions $ à l'État.

De plus, les chercheurs affirment que la hausse prévue des droits de scolarité de 1625 $ d'ici 2016 (soit 325 $ par année) aura un impact sur l'accessibilité aux études, puisque les étudiants pourraient être effrayés par les coûts associés aux études supérieures, peu importe l'aide financière disponible. De plus, l'IREC s'inquiète des effets de l'endettement, qui peut pousser un étudiant à interrompre ses études pour aller sur le marché du travail où à tenter d'obtenir un emploi mieux rémunéré plutôt que les «emplois d'intérêts publics» qui sont moins grassement payés.

«Même dans une perspective strictement comptable, les choix du gouvernement n'apportent pas des économies substantielles à court terme et sous-estiment les conséquences à moyen et long terme nettement plus lourdes pour la société», concluent les deux auteurs de l'étude, Jules Bélanger et Oscar Calderon.

La Table de concertation étudiante du Québec (TaCED) a réagi à cette étude, affirmant que les chiffres prouvent que le gouvernement n'a pas bien étudié la question avant d'annoncer la hausse des droits de scolarité.

«Ce que ça veut dire clairement, c'est que Jean Charest essaie de nous faire croire que la hausse est inévitable, alors que conserver et même améliorer l'accessibilité aux études en maintenant la qualité est réaliste pour les finances québécoises», a déploré le secrétaire général de la TaCEQ, Simon Gosselin, par voie de communiqué.

De son côté, la vice-présidente de la CSN, Denise Boucher, a abondé dans le même sens, arguant que le gouvernement libéral doit revenir sur sa décision afin de maintenir l'accessibilité aux études pour minimiser les impacts sur la société québécoise.

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