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23/01/2012 05:13 EST | Actualisé 24/03/2012 05:12 EDT

Des recruteurs d'équipes ne voient pas le CH échanger Subban cette saison

MONTRÉAL - P.K. Subban fait actuellement grandement parler de lui, mais pour les mauvaises raisons. On prête des intentions au Canadien de chercher à se départir du jeune défenseur qui multiplie les erreurs sur la glace.

La présence en Californie, en fin de semaine dernière, du directeur général de l'équipe, Pierre Gauthier, a alimenté bien des rumeurs l'impliquant.

Il faut dire que le flamboyant jeune homme ne fait rien pour redorer sa cote, dans la foulée des propos peu flatteurs qu'a tenus l'ancien entraîneur Jacques Martin à son endroit, la semaine dernière, au cours de sa tournée des réseaux de télévision.

Martin a essentiellement affirmé que Subban «ne possède pas une bonne compréhension du jeu» et il se demande «s'il est plus intéressé de jouer pour lui que pour ses coéquipiers».

C'est exactement ce qu'il a montré vendredi, à Pittsburgh. La mollesse dans son territoire a permis aux Penguins de marquer en infériorité numérique et, à son retour sur le banc des siens, on l'a vu argumenter avec l'adjoint de l'entraîneur Randy Cunneyworth, Randy Ladouceur.

C'est sans parler de l'amende de 2500$ qu'il a écopée pour avoir donné un croc-en-jambe à l'attaquant Chris Kunitz.

Malgré cela, on serait très surpris à travers la LNH que le Canadien échange Subban au cours des prochaines semaines. C'est ce que des recruteurs d'équipes ont confié à La Presse Canadienne, lundi. Ces gens ne sont pas dans le secret des dieux, mais ils ont accepté de commenter la situation sous le couvert de l'anonymat, on le comprendra.

Patience

«C'est sûr que s'il était disponible, plusieurs équipes seront intéressées, a dit l'un d'eux. Mais je ne crois pas que le Canadien veut l'échanger. Personnellement, je prêche la patience en ce qui a trait aux jeunes joueurs.

«Peu de joueurs dans la Ligue nationale soulèvent les foules dès qu'ils s'emparent de la rondelle, a-t-il repris. Subban est un de ceux-là, mais son problème ces temps-ci, c'est qu'il énerve trop ses entraîneurs et ses coéquipiers dès qu'il est en possession de la rondelle!»

Un autre recruteur a également dit croire que le CH va garder Subban.

«Je ne vois pas pour quelles raisons on l'échangerait. Si on l'échange, j'espère en tout cas qu'on obtiendra davantage qu'un attaquant de troisième trio ou qu'un cinquième défenseur», a-t-il avancé.

Faisant remarquer qu'on ne peut pas mesurer combien l'attitude de Subban peut-être une distraction ou une source conflictuelle au sein de l'équipe, il a fait remarquer qu'il ne représentait pas un problème, la saison dernière, quand l'équipe allait bien.

«C'était la même chose avec Michael Cammalleri, qui était rendu la cause de tous les maux de l'équipe avant d'être échangé, a-t-il souligné. Cammalleri était pourtant un dieu en séries éliminatoires, il y a à peine deux ans. Tout est amplifié à Montréal à cause des médias.»

Grande lacune

Un autre recruteur a souligné que Subban n'est pas un joueur différent qu'il était dans les rangs juniors, avec les Bulls de Belleville.

«Ses qualités athlétiques et ses aptitudes sont indéniables. Mais je me rappelle qu'avant le repêchage, on se posait des questions en rapport avec sa prise de décisions dans le feu de l'action, a-t-il relevé. Notre conclusion, à l'époque, a été que ce serait un joueur dur à encadrer dans un concept d'équipe.»

Ce recruteur a même dit à ses supérieurs, il y a quelque temps, que Subban ne resterait pas 10 ans à Montréal. Il ne serait donc pas surpris qu'on l'échange, mais peut-être pas dès cette saison.

«Il doit afficher une plus grande maturité dans son jeu, c'est sa plus grande lacune. Mais le sens du jeu est un aspect difficile à améliorer.»

Les recruteurs sondés ont reconnu que l'évaluation de Subban est faussée par la surutilisation qu'on en fait cette saison, en raison de l'absence d'Andrei Markov. Confronté aux meilleurs trios des adversaires, Subban pointait lundi au 19e rang des joueurs ayant vu le plus d'action dans la ligue cette saison, avec un temps d'utilisation moyen de 23 minutes 55 secondes par match.

«On lui en demande beaucoup, sans doute beaucoup trop pour un jeune qui n'est pas prêt à s'acquitter de la tâche exigée, a conclu un recruteur. Normalement, on devrait l'utiliser comme un quatrième défenseur et au sein de la deuxième unité du jeu de puissance.

«On l'a envoyé dans la fosse aux lions beaucoup trop tôt», a résumé un autre.

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