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22/01/2012 01:02 EST | Actualisé 23/03/2012 05:12 EDT

Washington permet à Ali Abdallah Saleh d'entrer au pays pour des soins médicaux

WASHINGTON - L'administration Obama a autorisé le séjour temporaire aux États-Unis du président yéménite Ali Abdullah Saleh, sur le départ après 33 ans de pouvoir, pour y recevoir des soins médicaux.

La décision semblait destiner à calmer les tensions au Yémen, un pays allié de Washington dans sa lutte contre le terrorisme.

Un responsable de haut rang de l'administration américaine a précisé que le président sortant du Yémen se rendrait à New York cette semaine, et devrait quitter le territoire américain d'ici la fin du mois de février. Les autorités américaines jugent que le départ d'Ali Abdallah Saleh du Yémen pourrait réduire les risques de dérapage au cours de l'élection présidentielle au pays, prévue le 21 février.

Un porte-parole du président yéménite a indiqué que l'homme avait quitté la capitale du pays, Sanaa, tôt dimanche à bord d'un jet qui se dirigeait vers le sultanat d'Oman, dans le golfe Persique.

Le responsable américain, qui a requis l'anonymat, n'a pas précisé si Ali Abdallah Saleh comptait retourner au Yémen, ou ailleurs, après avoir été traité aux États-Unis. Il avait été blessé lors d'un attentat contre son palais en juin dernier et avait séjourné pendant plus de trois mois en Arabie saoudite.

Le président sortant a par ailleurs demandé pardon dimanche à ses compatriotes avant d'annoncer qu'il se rendait aux États-Unis pour des soins médicaux, selon la presse officielle. M. Saleh, qui s'exprimait lors d'un discours d'adieu rapporté par l'agence officielle Saba, a déclaré qu'il avait formellement remis le pouvoir au vice-président Abed Rabbo Mansour Hadi, «celui en charge à présent».

Il a ajouté qu'il regagnerait le Yémen en tant que chef de son parti, le Congrès général populaire, avant les élections présidentielles anticipées prévues le 21 février.

«Je vous demande pardon pour mes erreurs passées. Je présente mes excuses à la population et demande pardon», a-t-il ajouté, cité par des hauts responsables de son parti et proches collaborateurs présents lors du discours tenu à huis clos.

Ces déclarations interviennent au lendemain de l'adoption par le Parlement d'une loi accordant l'immunité judiciaire à Ali Abdallah Saleh et à tous ses collaborateurs pour les crimes commis en 33 ans de règne du chef de l'État, contesté par la rue depuis des mois.

L'administration Obama avait été placée devant une décision délicate le mois dernier, alors que le président Saleh avait demandé un visa américain pour être soigné au pays.

La Maison-Blanche devait choisir entre se mettre à dos un président allié en lui interdisant l'entrée sur le territoire, ou risquer de sembler endosser un autocrate ayant du sang sur les mains.