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22/01/2012 01:36 EST | Actualisé 23/03/2012 05:12 EDT

Les militants adéquistes avalisent la fusion avec la CAQ de François Legault

QUEBEC - L'Action démocratique du Québec (2004-2012) n'est plus.

A peine un plus de la moitié des membres ont exercé leur droit de vote mais une majorité claire d'entre eux — 70,48 pour cent des voix, soit 943 électeurs — ont accepté l'entente de fusion conclue à la mi-décembre avec la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault.

Le taux de participation au vote postal tenu entre les 9 et 19 janvier ne s'est élevé qu'à 54 pour cent. Un peu plus de 2500 militants avaient droit de vote.

Le dernier chef de l'histoire de l'ADQ, Gérard Deltell, a salué dimanche le résultat du scrutin alors que les opposants à la fusion ont évoqué la création d'un nouveau parti pour rallier les «orphelins» de la droite.

En conférence de presse aux côtés du président du parti, Christian Lévesque, M. Deltell s'est dit serein face au résultat du vote.

L'ADQ, a-t-il tenu à préciser, n'est pas «techniquement» morte, elle fusionne et ses «idées» se retrouvent au sein de la CAQ.

«Maintenant, nous allons poursuivre nos efforts au sein de la Coalition avenir Québec afin de doter notre nation d'un gouvernement réaliste et responsable. Avec nos valeurs et nos convictions, avec François Legault et la Coalition avenir Québec, nous allons présenter aux Québécois une alternative concrète aux libéraux», a dit M. Deltell.

A la reprise des travaux parlementaires, le 14 février, le nouveau caucus de la CAQ comptera six anciens adéquistes (Gérard Deltell, Sylvie Roy, François Bonnardel, Janvier Grondin, Éric Caire et Marc Picard) et de trois ex-péquistes (Benoît Charette, Daniel Ratthé et François Rebello).

M. Deltell assumera les fonctions de chef de l'équipe parlementaire caquiste alors que Sylvie Roy sera la leader parlementaire de la nouvelle formation.

Quant au président de l'ADQ, Christian Lévesque, il s'occupera désormais des questions de financement à la CAQ. Le parti espère amasser une cagnotte d'au moins 3 millions $ dans les prochains mois.

A court terme cependant, le premier défi de la nouvelle équipe sera de tenter de conserver le statut de «deuxième groupe d'opposition» que détenait l'Action démocratique.

Ce statut s'accompagne de divers privilèges parlementaires dont d'importants budgets de recherche et de fonctionnement (autour de 700 000 $).

Le président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon, doit rendre une décision dans ce dossier au retour des parlementaires en Chambre en février.

Des obstacles risquent toutefois de compliquer la tâche de la CAQ. En outre, la chef péquiste Pauline Marois pourrait s'opposer à ce que la coalition obtienne la reconnaissance de l'Assemblée nationale.

Au cours de son point de presse, M. Deltell a d'ailleurs tenu à répliquer à la leader péquiste qui s'est étonnée publiquement du faible taux de participation des membres adéquistes au vote sur la fusion.

Mme Marois devrait «s'occuper de qui se passe dans son parti», a lancé avec fougue le député de Chauveau. L'Assemblée nationale est privée d'une opposition officielle digne de ce nom à cause des «crises existentielles» à répétition qui affligent le Parti québécois, a-t-il fait remarquer.

Figure de proue du mouvement d'opposition à la fusion, le président de la commission politique de l'ADQ Claude Garcia a pour sa part évoqué la création d'un nouveau mouvement politique pour réunir sous une même bannière les tenants de la droite.

«Il y a 400 personnes qui ont voté contre la fusion, c'est excitant, c'est trois personne par comté au Québec. Ce sont des gens déterminés», a-t-il fait valoir aux côtés d'autres membres du comité «Restons ADQ».

Avec l'homme d'affaires Andrien Pouliot, M. Garcia veut offrir une solution de rechange politique aux Québécois «qui ont soif de liberté économique».

«Nous sommes convaincus qu'il y a un terreau fertile au Québec pour les idées de plus grande liberté économique et on va faire ce qu'il faut pour que ces gens-là aient une voix aux prochaines élections», a-t-il dit.

Fondée en 1994 par les dissidents libéraux Mario Dumont et Jean Allaire, l'ADQ s'est imposée au fil des ans comme étant un joueur influent dans la joute politique disputée à l'Assemblée nationale.

L'ADQ n'a jamais pris le pouvoir mais y est passée bien près en remportant 41 sièges à l'élection générale du printemps 2007.

Le séjour de l'Action démocratique dans l'opposition officielle a été court (2007-2008) mais difficile tant son équipe était inexpérimentée et semblait mal préparée à assumer de telles fonctions.

Les dernières années d'existence du parti ont été peu édifiantes: débandade électorale en 2008, démission du chef fondateur Mario Dumont, course au leadership ratée avec l'élection de Gilles Taillon, désertion en masse des membres et défection des députés Eric Caire et Marc Picard.

Gérard Deltell a pris le parti à bras le corps mais n'est pas parvenu à lui redonner un élan. A son dernier test électoral, en décembre dans Bonaventure, l'ADQ n'a obtenu qu'un maigre deux pour cent des suffrages.