NOUVELLES
22/01/2012 01:42 EST | Actualisé 23/03/2012 05:12 EDT

La haute couture resserre les rangs sur les podiums parisiens

PARIS - Souvent spectaculaire, parfois ostentatoire et malgré tout structurellement déficitaire, la couture parisienne tentera, à partir de lundi et jusqu'à mercredi, de prouver qu'en s'appuyant sur ses savoir-faire séculaires, elle est en mesure d'ouvrir de nouveaux champs de création. Et de nouveaux marchés, portée par une demande croissante et appuyée des pays émergents, dont le Mexique, le Brésil, l'Inde, la Chine et la Russie.

Parmi les vingt-trois maisons figurant au calendrier officiel des défilés haute couture printemps-été 2012, onze des douze griffes que comptent la haute couture ont répondu présent à l'appel. Seule aux abonnés absents, la maison Anne Valérie Hash, qui fêtait en 2011 ses dix ans de mode, a choisi de se recentrer vers des créations plus "vendables". Un tournant que la petite maison des Grands boulevards semble avoir bien négocié, à l'aune de sa dernière collection de prêt-à-porter présentée à l'automne dernier.

Car contrairement à une idée répandue, la couture et encore moins la haute, n'est pas censée assurer la rentabilité financière de la niche qu'elle constitue. Mais cette niche est avant tout une vitrine, qui n'est elle-même que la partie émergée de l'univers du luxe. Parfums, accessoires, joaillerie ou maroquinerie: toutes ces extensions sont intimement liées à la haute couture, qui elle "ne vend" ses propres créations qu'à quelque 250 clientes dans le monde.

S'agissant des défilés à Paris, l'on peut se réjouir de la présence simultanée de deux grands designers au calendrier: l'Italien Maurizio Galante et le Brésilien Gustavo Lins. Tous deux militent pour un vêtement objet qui puisse aller au-delà des prérogatives consistant à recouvrir ou à protéger le corps.

Sur les mêmes podiums la saison sera aussi celle de l'arrivée en catégorie "haute couture" de l'Italien Giambattista Valli. Cet ancien de la maison Capucci brille depuis 2004 sur les podiums de la Ville-Lumière avec son prêt-à-porter de luxe, servi par des créations serties de broderies de perles de fils d'or ou de sequins.

Mais cette saison sera aussi celle pour laquelle d'autres récents "haut couturiers" devront marquer l'essai, tel Christophe Josse ou le Brésilien Gustavo Lins, dont le pragmatisme en mode, pourrait amender les dogmes de bien des économistes.

L'on attendra par ailleurs beaucoup durant ses trois journées fiévreuses des jeunes pousses, qui toutes attendent d'être "nommées" dans le cercle très fermé des maisons de "haute couture". C'est le sens de leur statut de "membres invités", par définition transitoire. Parmi elles, Alexandre Vauthier, Alexis Mabille, Julien Fournié ou Yiginq Yin, tous prêts à en découdre.