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22/01/2012 09:55 EST | Actualisé 23/03/2012 05:12 EDT

Gingrich relance la course à l'investiture républicaine en s'imposant en Caroline du Sud

Newt Gingrich a relancé la course à l'investiture républicaine pour l'élection présidentielle américaine en s'imposant samedi en Caroline du Sud. Il a largement devancé Mitt Romney, qui était jusqu'alors favori pour affronter le président Barack Obama en novembre prochain.

Selon des résultats basés sur les bulletins dépouillés dans 95% des circonscriptions, l'ancien président de la Chambre des représentants remporte 41% des suffrages, tandis que l'ancien gouverneur du Massachusetts Mitt Romney récolte 27% des voix. Rick Santorum, ex-sénateur de Pennsylvanie, obtient 17% des suffrages, et le Texan Ron Paul 13%.

Mitt Romney aurait été quasiment considéré comme imbattable s'il s'était imposé en Caroline du Sud après sa brillante victoire dans la primaire du New Hampshire. Mais son revers, samedi, pourrait laisser présager une bataille de plusieurs mois pour l'investiture.

L'ancien gouverneur du Massachusetts avait bénéficié auparavant de la division des voix entre Newt Gingrich, l'ancien sénateur de Pennsylvanie Rick Santorum et le gouverneur du Texas Rick Perry. Mais la compétition s'est resserrée jeudi, avec le retrait de Rick Perry qui a apporté son soutien à M. Gingrich. Et comme Rick Santorum a été largement distancé samedi, terminant troisième, Newt Gingrich va essayer de rassembler le vote conservateur avant la prochaine primaire qui aura lieu le 31 janvier en Floride.

Si la compétition se limite finalement à un duel entre Newt Gingrich et Mitt Romney, l'opposition de style sera totale. Avec d'un côté, un Gingrich passionné, spontané, visionnaire autoproclamé. Et de l'autre un Romney propre sur lui, décontracté, ancien PDG.

Les démocrates considèrent Mitt Romney comme l'adversaire le plus dangereux pour Barack Obama, dont les perspectives de réélection sont menacées par les difficultés de l'économie américaine.

La campagne de Newt Gingrich reste confrontée à de nombreux obstacles. Si l'électorat conservateur de Caroline du Sud était en grande partie acquis à cet homme venu de Géorgie, un Etat voisin, il pourrait avoir plus de mal dans les autres Etats. Il ne possède pas l'argent et l'organisation de Mitt Romney. Et il traîne plus de casseroles que ses adversaires républicains, notamment des liaisons extraconjugales et deux divorces.

Newt Gingrich avait toutefois été sous-estimé auparavant. Alors qu'à deux reprises, on a quasiment "enterré" sa campagne, il a rebondi pour remporter ce que beaucoup considèrent comme la plus importante des trois premières primaires. Et bien qu'une grande partie de l'establishment républicain se méfie de lui, son dénigrement des "élites" peut plaire à la base des électeurs républicains.

Après sa victoire, Newt Gingrich a exhorté ses partisans à faire des dons et à s'impliquer dans sa campagne. "Nous n'avons pas l'argent qu'au moins un des candidats a", a-t-il dit, faisant référence à Mitt Romney. "Et nous avons prouvé, ici en Caroline du Sud, que les gens propulsés par les bonnes idées" sont capables de supplanter le pouvoir de l'argent, a-t-il ajouté.

De son côté, Rick Santorum n'a pas réussi à capitaliser sur sa victoire acquise de justesse le 3 janvier dans les caucus de l'Iowa, où il officiellement été déclaré vainqueur vendredi. Il a dit qu'il restera dans la course, mais faute d'argent et d'une réelle dynamique, ses chances semblent faibles. Quant au Texan Ron Paul, arrivé quatrième en Caroline du Sud, ses perspectives d'une investiture s'éloignent également. AP

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