NOUVELLES
22/01/2012 03:14 EST | Actualisé 23/03/2012 05:12 EDT

Gilles Duceppe dit qu'il ne peut envisager un retour en politique active

QUEBEC - Quelques jours après s'être manifesté pour succéder à Pauline Marois à la tête du Parti québécois, Gilles Duceppe est revenu sur ses pas dimanche et a exclu un retour en politique active.

L'ancien chef du Bloc québécois a annoncé par voie de communiqué sa décision de consacrer ses énergies à «défendre (son) intégrité et à rétablir (sa) réputation».

M. Duceppe juge que sa réputation a été mise en doute par un article publié dans l'édition de samedi du quotidien La Presse.

Le journal rapportait que M. Duceppe a payé le salaire du directeur général du Bloc, Gilbert Gardner, pendant sept ans à même le budget accordé par la Chambre des communes.

En vertu des règles de la Chambre des communes, les fonds qu'elle accorde aux élus doivent être utilisés pour des activités parlementaires et non pour des activités partisanes.

Dans son communiqué, M. Duceppe réplique que la gestion des budgets de la Chambre des communes alloués au Bloc québécois s'est toujours faite de façon transparente et honnête.

«Tout a été fait dans le respect des normes», écrit-il.

L'ex-leader bloquiste n'a pas précisé les moyens qu'il entend prendre pour «rétablir» sa réputation mais la tâche s'annonce suffisamment exigeante pour qu'elle rende «impossible» d'envisager un retour en politique active.

«Je souhaite la meilleure des chances à Mme Pauline Marois et au Parti québécois qui ont, je le répète, toute ma confiance», conclut M. Duceppe dans sa courte déclaration.

C'est la deuxième fois que M. Duceppe effectue un virage à 180 degrés après avoir lorgné la direction du Parti québécois.

Lors de la dernière campagne au leadership du PQ, au printemps 2007, M. Duceppe s'était rallié à Pauline Marois à peine 24 heures après avoir annoncé sa candidature.

Le hara-kiri politique de l'ancien député fédéral va assurément enlever une tonne de pression sur les épaules de la chef péquiste Pauline Marois qui entreprend, lundi, une semaine chargée auprès de ses députés en prévision du conseil national le week-end prochain.

La décision de M. Duceppe va aussi soulager des députés comme Sylvain Gaudreault, Stéphane Bédard et Yves-François Blanchet, trois de ceux qui avaient peine à s'imaginer voir débarquer l'ex-chef bloquiste à Québec avec sa cour.

D'ailleurs, sur son compte twitter, le député Blanchet a réagi de manière limpide à la tournure des événements.

«Réglé, après des années. Grande victoire, gain de stature pour PM (Pauline Marois). Maintenant au travail», a-t-il gazouillé.

Quant à elle, Mme Marois a refusé de commenter la volte-face de M. Duceppe.

«On a lu le communiqué comme tout le monde et on n'a pas l'intention de commenter davantage», a fait savoir Marie Barrette, attachée de presse de la chef du PQ.

Recrue vedette du Parti québécois en prévision des prochaines élections, l'environnementaliste Daniel Breton croit pour sa part que le leadership de Mme Marois se retrouve aujourd'hui renforcé.

«Mme Marois a traversé les tempêtes et est restée déterminée, regardant toujours de l'avant. Elle est faite du même bois que les chefs d'État», a-t-il soulevé.

Du même souffle, il a dit trouver «injuste» pour M. Duceppe de voir son intégrité mise en doute.

«Ce n'était pas évident pour lui et je trouve ça injuste. Pour tout vous dire, j'ai trouvé le 'timing' de la nouvelle bien étrange», a laissé tomber le candidat sans exprimer plus avant sa pensée.

Partisan du retour en politique de Gilles Duceppe, Pierre Dubuc n'a pas hésité de son côté à pointer du doigt ceux qu'il pense être les responsables du désistement de son favori: les forces fédéralistes.

«C'est un assassinat politique», a lancé sur les ondes de RDI M. Dubuc, membre du SPQ-libre, un club politique de gauche exclu du PQ par Pauline Marois en 2010.

Selon lui, des fédéralistes tapis dans l'ombre ont coulé de l'information afin de s'assurer d'écarter Gilles Duceppe de l'échiquier politique québécois.

«M. Duceppe était le leader souverainiste le plus populaire mais que voulez-vous, quand on veut démanteler un pays du G8 (le Canada), on doit s'attendre à ce genre de coup fourré», a déclaré M. Dubuc.

«Notre analyse de base à l'effet que le Parti québécois n'allait nulle part avec Pauline Marois demeure», a-t-il ajouté, laissant entrevoir qu'il n'avait pas l'intention de se rallier à la chef.