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22/01/2012 11:54 EST | Actualisé 23/03/2012 05:12 EDT

Des discussions ont eu lieu entre des représentants américains et des talibans

ISLAMABAD - Soucieux d'accélérer les pourparlers de paix en Afghanistan, de hauts responsables des États-Unis ont discuté avec le représentant du leader d'un mouvement d'insurgés, selon ce qu'a rapporté un proche du chef rebelle.

Le Dr Ghairat Baheer, gendre de Gulbuddin Hekmatyar, seigneur de guerre afghan et ancien premier ministre afghan depuis qualifié de terroriste par Washington, a déclaré à l'Associated Press cette semaine s'est entretenu avec David Petraeus, l'ancien commandant des forces de l'OTAN en Afghanistan, qui a depuis été nommé directeur de la CIA.

Il a également rencontré plus tôt ce mois-ci l'ambassadeur américain Ryan Crocker et le général de la marine américaine John Allen, qui est aussi le plus haut gradé commandant actuellement au pays.

Ghairat Baheer, qui avait été relâché en 2008 de la prison américaine de Bagram après y avoir été incarcéré pendant six ans, a qualifié ses discussions d'exploratoires et d'embryonnaires.

Il a toutefois souligné que cela prouvait que Washington comprenait qu'il ne suffirait pas d'obtenir l'assentiment du chef suprême des talibans, le mollar Mohammad Omar, pour régler le conflit. Le mollah Omar et Gulbuddin Hekmatyar sont des ennemis jurés, bien qu'ils combattent tous deux les forces internationales.

Tout traité de paix devrait donc être entériné par Gulbuddin Hekmatyar, qui est à la tête de milliers de combattants et de partisans dans le nord et l'est de l'Afghanistan. L'homme dirige le groupe Hizb-i-Islami, qui est lié à al-Qaïda mais avait élaboré un plan de paix en 15 points lors de rencontres informelles avec le gouvernement afghan, à Kaboul.

Caitlin Hayden, la porte-parole du Conseil national de sécurité, à Washington, a refusé de confirmer la tenue de telles rencontres mais a indiqué que les États-Unis entretenaient «un large éventail de contacts de soutien en lien avec le processus de réconciliation en Afghanistan.»

Un représentant américain a toutefois indiqué, sous le couvert de l'anonymat, que M. Petraeus avait rencontré Ghairat Baheer en juillet 2011.

Le président de l'Afghanistan, Hamid Karzaï, avait par ailleurs déclaré samedi qu'il avait lui aussi rencontré récemment des représentants du groupe Hizb-i-Islami.

Ghairat Baheer a pris part à ces réunions mais a soutenu que le gouvernement afghan était considéré comme corrompu et qu'il accusait un manque de légitimité.

La sortie du président Karzaï semblait viser à renforcer son rôle dans le processus de négociations pour la paix.