NOUVELLES
22/01/2012 11:27 EST | Actualisé 23/03/2012 05:12 EDT

Agnès b. veut briser les codes de la mode masculine

PARIS - Casser les codes et assumer de ne ressembler à personne ou marier les matières et les styles pour tenter de capter toute l'essence du vestiaire masculin: telle est la quadrature du cercle tentée dimanche chez Agnès b. et Lanvin, deux maisons incontournables du vestiaire de l'homme parisien.

Chez Agnès b., l'homme ne s'embarrasse plus des codes vestimentaires et encore moins de la tradition bourgeoise. En plus d'avoir toujours l'air de se lever en plein après-midi, ses modèles ont pioché ici et là ce qu'ils trouvaient pour se vêtir, parfois la jupe denim ou la paire de collants oubliés par une copine, pour se construire un "look" décalé, bien loin des obligations du costume trois-pièces.

"Pourquoi seules les filles auraient-elles droit à la mini-jupe?", a revendiqué la créatrice, interrogée en coulisse par l'Associated Press. "En plus, avec des collants de maille bien chauds, c'est encore plus sexy!", ajoute-t-elle.

Chantre depuis des années du label "Fabriqué en France", qui milite pour que l'industrie de la mode cesse de délocaliser les savoir-faire du secteur, Agnès Troublé est bien consciente que la campagne présidentielle est en train de "surfer" sur l'un de ses crédo. "Je suis fière de la 'petite carte de France' sur laquelle figure les quelques 25 usines et ateliers où je fais fabriquer", explique la styliste, en soulignant qu'elle n'est "pas au Front National. Bien au contraire". Et de désigner comme coupable à la situation actuelle "les charges qui pèsent jusqu'à mettre en péril les petites et moyennes entreprises du secteur".

Sur le podium, ses mannequins, amis, chanteurs, musiciens ou parfois "un type trouvé au coin de la rue et qui avait une tête sympa, c'est-à-dire pas forcément une bonne tête", portent haut et fort cette mode qui veut casser tous les codes, à commencer par ceux de l'immuable et de l'inertie.

A coups de manteaux de laine, de longs imperméables, de vestes croisées et de trenchs de drap ou de laine, mais en version raccourcies, c'est un dressing qui tient ses promesses.

L'ultra court des pantalons "feu de plancher" fait la nique aux revers faussement sages d'autres pantalons de drap. Des T-shirts bariolés se portent sous des capes chauve-souris et, empruntés au Moyen-Âge, des heaumes de chevalier sont ici des cagoules en jersey lycra qui ne laissent voir que l'ovale du visage.

Chez Lanvin, le duo Alber Elbaz (directeur artistique maison) et Lucas Ossendrijver (directeur de la création homme) poursuit sa recherche en "essentialisme". "Aller à la rencontre de ce qui reste une fois qu'on a tout retiré, tout ce qui ne sert à rien, mais qui sert l'homme au-delà de la fonctionnalité: voilà ce qu'on recherche", a expliqué Elbaz aux journalistes en marge du défilé.

Une chemise à noeud pap', une veste croisée trois boutons, un pantalon de drap "patte éléphant" couvrant même le soulier, le tout porté sous un immense manteau à col de fourrure. Mais ce même manteau est un hybride entre la doudoune à duvet et le trois-quarts: tel est le "must have" Lanvin pour la saison. En une phrase, la silhouette qui incarne à elle seule l'univers maison.

La recherche des duettistes maison s'attarde aussi sur les épaules, qu'ils rehaussent 'en virgule' ou encore sur une redéfinition du blouson de motard, quasiment proposé en version couture: près du corps, bien sûr, mais dans de fins cuirs d'agneau plongé blancs et portés sur des pantalons de laine dont la couture sur la jambe s'orne à la verticale d'une insolente bande de satinette de soie. Empruntée à un pantalon de smoking, bien évidemment.