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21/01/2012 06:24 EST | Actualisé 22/03/2012 05:12 EDT

Newt Gingrich remporte la primaire républicaine en Caroline du Sud

CHARLESTON, États-Unis - Newt Gingrich a infligé une blessure électorale dévastatrice à Mitt Romney, samedi, remportant décisivement l'importante primaire de la Caroline du Sud, un État socialement conservateur où son rival pour l'investiture républicaine semblait se diriger allègrement vers une victoire il y a une semaine à peine.

Après le dépouillement de 99 pour cent des bureaux de scrutin, M. Gingrich avait amassé 240 527 votes, soit 40 pour cent des suffrages exprimés, comparativement à 166 155 votes, ou 28 pour cent, pour M. Romney. Rick Santorum (17 pour cent) et Ron Paul (13 pour cent) ont terminé troisième et quatrième, respectivement.

Par ailleurs, cette victoire permettra à M. Gingrich de mettre la main sur la grande majorité, sinon la totalité, des 25 délégués disponibles en Caroline du Sud.

«C'est très gratifiant de voir autant de gens si désireux de voir leur nation retourner sur la bonne voie», a lancé un Newt Gingrich visiblement ému, entouré par des membres de sa famille, à de bruyants partisans qui chantaient «Newt can win» (Newt peut gagner!).

«Nous ne voulons pas mener une campagne républicaine, nous voulons mener une campagne américaine, car nous sommes optimistes face au futur», a-t-il ajouté.

Le discours de l'ancien président de la Chambre des représentants a même pris une tournure canadienne, lorsqu'il a abordé la décision de l'administration Obama, plus tôt cette semaine, de rejeter le projet d'oléoduc Keystone XL, tel que proposé par TransCanada.

Le premier ministre Stephen Harper est «un conservateur et un pro-américain», a déclaré M. Gingrich, et maintenant, le Canada sera forcé de vendre son pétrole à la Chine.

«Un président américain qui peut créer un partenariat Chine-Canada représente une réelle menace pour ce pays», a lancé M. Gingrich.

La très mauvaise semaine de M. Romney en Caroline du Sud a pris fin alors que Newt Gingrich réussissait à séduire les électeurs tenant aux valeurs familiales, et ce malgré sa sordide histoire conjugale. M. Gingrich avait pourtant été donné comme politiquement mort à plusieurs reprises.

Il y a une semaine, la campagne de M. Romney avait un caractère incontourbable après qu'il eut remporté les caucus de l'Iowa, la primaire du New Hampshire et caracolait en tête des sondages en Caroline du Sud.

Mais voilà que Rick Santorum a finalement été déclaré vainqueur en Iowa. Ainsi, au lieu de trois victoires en autant de tentatives, le multimillionnaire mormon n'a remporté qu'un seul scrutin, et ce au moment où il tente d'expliquer, tant bien que mal, pourquoi il hésite à divulguer ses déclarations d'impôts.

Les implications du triomphe de Newt Gingrich pour la campagne de Mitt Romney sont claires et immédiates : au lieu de se diriger vers l'investiture cette fin de semaine, M. Romney devra désormais livrer une longue bataille lors des primaires, alors que M. Gingrich prend la route du prochain État, la Floride, porté par son élan.

«La compétition ne m'effraie pas. Nous allons gagner cette course à l'investiture et nous allons vaincre le président Obama en novembre», a affirmé M. Romney.

Mais pendant son discours, M. Romney a reconnu que «cette course devenait encore plus intéressante».

Devant de nombreux partisans, l'ancien gouverneur du Massachusetts y est allé d'une attaque à deux volets, qui s'adressait autant à Barack Obama qu'à Newt Gingrich.

«Lorsque mes adversaires s'en prennent à la réussite et à la libre entreprise, ils ne font pas que m'attaquer; ils attaquent aussi toute personne qui rêve d'un avenir plus prospère. Il s'en prend à vous», a ensuite lancé M. Romney, le plus près qu'il soit venu de nommer M. Gingrich, un ancien président de la Chambre des représentants.

M. Romney est en tête des sondages en Floride avec une forte avance en prévision du scrutin du 31 janvier, mais il menait également en Caroline du Sud il y a une semaine, où il a également dépensé beaucoup plus d'argent que M. Gingrich en publicités électorales.

Son avance dans le «Sunshine State» devrait s'amenuiser dans la foulée de la victoire de son principal adversaire, alors qu'un récent sondage Gallup laissait entendre que l'appui envers l'ancien gouverneur du Massachusetts reculait à la grandeur du pays, tandis que ses rivaux gagnaient du terrain d'un océan à l'autre.

Alors que M. Romney éprouvait des difficultés tout au long de la semaine en Caroline du Sud, le fier Newt Gingrich était au sommet de sa forme alors qu'il galvanisait la base électorale du parti.

Au cours de deux débats télévisés, les membres du public lui ont donné une ovation debout alors qu'il esquivait subtilement des questions indiscrètes sur différents sujets, qu'il s'agisse de ses commentaires sur les Noirs et les coupons alimentaires ou des allégations de l'une de ses ex-femmes selon lesquelles il l'aurait poussée à avoir un «mariage libre».

La Caroline du Sud est considérée comme un État crucial pour les républicains.

Depuis 1980, tous les candidats victorieux dans l'État ont ensuite remporté l'investiture du parti. Dans le cadre du parcours inhabituel de la course de 2012, toutefois, cette tradition pourrait fort bien disparaître en fumée.