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21/01/2012 03:23 EST | Actualisé 22/03/2012 05:12 EDT

Le président sortant du CRTC milite en faveur d'une stratégie numérique complète

GATINEAU, Qc - Le mandat de cinq ans du président sortant du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) aura été marqué par des changements technologiques rapides, notamment avec la croissance exponentielle de la radiodiffusion sur Internet et la prédominance des méga fusions de compagnies.

Les bouleversements observés dans l'industrie supervisée par le CRTC ont mené à une série d'interrogations, dont la protection du contenu canadien sur le Web et la position que devrait adopter le gouvernement fédéral face à la fusion des entreprises offrant des services de téléphonie, de câble et de télévision.

Konrad von Finckenstein affirme que l'heure des constats est arrivée, et que la distinction qui se faisait auparavant entre les télécommunications et la radiodiffusion est obsolète.

Il milite par ailleurs en faveur de l'adoption d'une seule loi qui légiférerait les deux secteurs, en plus de la désignation d'un seul régulateur pour la radiodiffusion, la télécommunication et même pour la technologie sans fil, qui est actuellement administrée par Industrie Canada.

M. von Finckenstein a souligné que peu importe les actions posées, que ce soit l'envoi d'un vidéo, d'un fax ou d'un courriel, la technologie utilisée reposait toujours sur un même fil. Le concept traditionnel de la radiodiffusion et des télécommunications s'en est trouvé complètement modifié, et il s'agit désormais d'un même tout, a plaidé M. von Finckenstein.

Le temps est venu de réviser la loi légiférant en la matière, une loi qui date de vingt ans, a ajouté le président sortant du CRTC.

«Nous voulons un système qui fasse voyager efficacement les octets, afin que les Canadiens aient le meilleur accès à l'Internet possible», a-t-il fait valoir.

Ce fonctionnaire de carrière, connu pour son franc parler, est l'un des plus grands défenseurs d'une révolution numérique globale au sein du gouvernement fédéral.

Les conservateurs de Stephen Harper ont promis, il y a deux ans, de mettre en oeuvre une stratégie d'économie numérique, bien qu'aucun plan n'ait encore été élaboré. Le ministre de l'Industrie, Christian Paradis, a mentionné au quotidien «Hill Times» qu'un projet de loi sur le droit d'auteur était un enjeu clé de la stratégie numérique. Ces modifications sont des sujets à discussion depuis une quinzaine d'années déjà à Ottawa.

La vision qu'a M. von Finckenstein de cette révolution dépasse toutefois largement les plans du gouvernement fédéral. Il souligne au passage que dans certains pays, dont l'Australie, la France et le Royaume-Uni, un ministre a été nommé dans l'unique but de plancher sur les modifications numériques.

M. von Finckenstein déplore par ailleurs que le cabinet de Stephen Harper n'ait pas donné suite à ses idées.

«Nous n'avons pu observer quelque changement que ce soit à ce chapitre, mais cela est notamment lié au décor politique des gouvernements minoritaires, de même qu'à la nature de ces problématiques, qui ne sont pas faciles à traiter», a-t-il expliqué.