NOUVELLES
21/01/2012 12:45 EST | Actualisé 22/03/2012 05:12 EDT

"Costa Concordia": un nouveau corps retrouvé

ROME - Les gardes-côtes italiens ont annoncé samedi avoir retrouvé un nouveau corps dans l'épave du paquebot "Costa Concordia", dont le naufrage près de l'île italienne de Giglio (nord-ouest) a fait 12 morts et 20 disparus, selon un nouveau bilan provisoire.

Le corps, celui d'une femme revêtue d'un gilet de sauvetage, a été découvert dans la partie submergée du bateau, à l'arrière dans un couloir étroit. La victime a été retirée de l'épave et sa dépouille a été ramenée sur l'île de Giglio, où le navire a heurté un récif le 13 janvier, avant de chavirer.

Par ailleurs, du carburant léger semblant provenir des machines du "Costa Concordia" a été détecté samedi en mer à proximité de l'épave du paquebot, selon les garde-côtes italiens.

Rien n'indique cependant pour le moment qu'il s'agisse d'une fuite des réservoirs principaux du paquebot, contenant 2200 tonnes d'un carburant plus lourd, a précisé un porte-parole des gardes-côtes, le commandant Cosimo Nicastro.

Les hydrocarbures repérées semblent constituées de gazole léger. On l'utilise pour alimenter les moteurs des bateaux de sauvetage, mais aussi comme lubrifiant pour les machines, a précisé l'officier. Il a qualifié sa présence dans l'eau de "très légère, très superficielle", et semblant être sous contrôle.

Le "Costa Concordia", qui gît sur le flanc près du petit port de l'île toscane de Giglio (nord-ouest), contient 185 tonnes de gazole léger et de lubrifiants, outre les 2200 tonnes de carburant de propulsion dans les cuves.

Smit, entreprise néerlandaise spécialisée dans le secours maritime, a été chargée de récupérer ce carburant par pompage, afin d'éviter un désastre écologique en cas de fuite. L'île de Giglio se trouve en effet à proximité d'un sanctuaire marin, abritant notamment des cétacés.

Outre le carburant, "nous ne devons pas oublier qu'il y a sur ce navire des huiles, des solvants, des détergents, tout ce dont a besoin une ville de 4.000 habitants", a noté le directeur de la Protection civile italienne, Franco Gabrielli.

Parallèlement, les recherches dans l'épave du "Costa Concordia", qui effectuait une croisière en Méditerranée avec à bord 3.200 passagers et un millier de membres d'équipage, ont repris samedi matin, après leur suspension la veille en raison d'un glissement de l'épave.

Selon un porte-parole des gardes-côtes, Filipo Marini, le navire en équilibre sur une plate-forme rocheuse s'est stabilisé. Ceci a permis aux plongeurs de disposer de petites charges explosives sur des fenêtres de la partie submergée du bateau. "On les a fait sauter, ce qui ouvre de nouveaux passages vers les zones cruciales pour les recherches", a ajouté le commandant Marini. Les sauveteurs espèrent y retrouver les 20 personnes encore portées disparues.

Le commandant du paquebot, Francesco Schettino, a de nouveau été mis en cause par le PDG de la société Costa Crociere, propriétaire du navire, Pierluigi Foschi. Selon lui, le capitaine n'a pas fourni les informations correctes à la compagnie et à l'équipage après l'échouement sur des récifs, ouvrant une énorme voie d'eau. Le "Costa Concordia" a pris de la gîte puis a chaviré, basculant sur le flanc droit, totalement submergé.

D'après M. Foschi, interrogé vendredi par la télévision publique italienne, la compagnie a parlé au capitaine à 22h05 (21h05 gmt) le 13 janvier, environ 20 minutes après l'échouement. Aucune aide adéquate n'a pu être fournie car la description de la situation par le capitaine "ne correspondait pas à la vérité", a expliqué le PDG. Francesco Schettino, a-t-il ajouté, a mentionné des "problèmes" à bord, mais n'a pas dit avoir heurté des récifs. Les membres d'équipage, a poursuivi le PDG, n'ont pas non plus été informés de la gravité de la situation.

Arrêté par la police, Francesco Schettino a quitté mercredi la prison de Grosseto où il était incarcéré depuis le 14 janvier. Le juge en charge du dossier n'a pas suivi le parquet qui réclamait son maintien en détention. Le magistrat a cependant refusé de le remettre en liberté et l'a assigné à résidence. Il a regagné son domicile près de Naples.

Le capitaine âgé de 52 ans est soupçonné par la justice d'homicides involontaires, d'avoir provoqué le naufrage en s'écartant délibérément de sa route, s'approchant trop près des côtes, ainsi que d'abandon de poste -un délit passible à lui seul de 12 ans de prison.