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21/01/2012 05:41 EST | Actualisé 22/03/2012 05:12 EDT

Afghanistan: le président Hamid Karzaï a discuté avec un groupe d'insurgés

KABOUL - Le président de l'Afghanistan a fait savoir samedi qu'il avait lui-même tenu des pourparlers de paix avec des insurgés, semblant revendiquer son rôle dans le processus de négociations — dirigé par Washington —, visant à mettre fin au conflit qui ravage le pays depuis plus de dix ans.

Hamid Karzaï a annoncé avoir discuté avec les insurgés du groupe Hizb-i-Islami, quelques heures avant de s'entretenir avec l'envoyé spécial des États-Unis Marc Grossman. Les deux hommes devaient traiter des progrès réalisés, en plus d'examiner la possibilité d'inclure pour une première fois les insurgés talibans dans les négociations officielles.

Le président afghan a indiqué, lors d'une rencontre du parlement, s'être entretenu «récemment» avec une délégation de Hizb-i-Islami, ajoutant avoir espoir que les démarches pour la paix se poursuivraient et aboutiraient à de bons résultats.

La déclaration de M. Karzaï était un rappel que toute négociation menant à la fin de la guerre en Afghanistan serait plus complexe que de simples discussions avec le chef des talibans basés au Pakistan, le mollah Mohammed Omar. Les deux autres groupes d'insurgés au pays ont des leaders et des plans distincts.

Le groupe Hizb-i-Islami est une milice extrémiste islamique, contrôlant le nord-est de l'Afghanistan et menant des attaques contre les forces américaines depuis le Pakistan. Le seigneur de guerre Gulbuddin Hekmatya, un ancien allié de Washington aujourd'hui considéré comme un terroriste, est à la tête de ce groupe d'insurgés.

Le second groupe principal d'insurgés est celui du réseau Haqqani, qui entretient des liens étroits avec al-Qaïda et les talibans, et regroupe environ 10 000 combattants. Les Haqqani ont été blâmés dans plusieurs attentats sanglants, dont des bombardements à Kaboul.

En ralliant au moins une faction majeure d'insurgés à la table des négociations, le président Karzaï semble espérer redorer son blason dans un processus largement dominé jusqu'à présent par Washington.