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19/01/2012 02:41 EST | Actualisé 20/03/2012 05:12 EDT

SNC-Lavalin s'intéresse aux États-Unis, mais reste discrète sur la Libye

MONTRÉAL - Peu présente aux États-Unis à l'heure actuelle, la firme SNC-Lavalin (TSX:SNC) ouvre actuellement de nouveaux bureaux au sud de la frontière afin de s'y implanter, plus particulièrement dans le secteur des partenariats publics privés (PPP).

Dans un discours prononcé jeudi devant le Cercle finance et placement du Québec, le grand patron du géant de l'ingénierie, Pierre Duhaime, a soutenu que le modèle PPP attirait de plus en plus l'attention des États américains, qui sont lourdement endettés.

«Nous croyons que notre expérience dans les PPP pourrait les intéresser», a-t-il déclaré, en précisant que l'Amérique du Sud et l'Inde se trouvaient également dans la mire de SNC en cette matière.

En 2010, à peine 3,5 pour cent des revenus totaux de SNC-Lavalin, soit 220 millions $, provenaient des États-Unis.

Libye

M. Duhaime a par ailleurs refusé jeudi de commenter un article récent du quotidien torontois The Globe and Mail selon lequel SNC aurait voulu contribuer au développement d'une unité de l'armée libyenne, des informations que nie l'entreprise. Le dirigeant ne s'est pas rendu disponible pour rencontrer les journalistes.

Dans son discours, Pierre Duhaime a reconnu que la situation en Libye «a toujours été un peu, beaucoup complexe» et qu'elle l'est «maintenant encore plus».

Il a ajouté que les entreprises étrangères pouvaient contribuer à redresser la situation économique libyenne, ce qui, selon lui, «est une condition préalable à l'établissement d'une société stable».

La multinationale montréalaise a suscité de vives critiques l'an dernier en raison de sa participation à la construction d'un centre de détention pour l'ancien régime de Mouammar Kadhafi. Ce contrat est actuellement en suspens, à l'instar des autres projets de SNC-Lavalin dans le pays.

Plan Nord

M. Duhaime a d'autre part exprimé le souhait qu'Ottawa imite Québec et lance sa propre initiative afin de favoriser le développement de l'ensemble des régions boréales du Canada. SNC est déjà active dans plusieurs projets liés au Plan Nord du gouvernement de Jean Charest.

La compagnie participe à quatre projets miniers localisés au nord du 49e parallèle et en étudie cinq autres. De plus, elle suit de près un projet de lien routier vers une future mine de diamants et la possible remise en état d'aéroports du Nord-du-Québec.

«Le Plan Nord, c'est le genre de projet qui arrive une ou deux fois dans un siècle et qui aura un impact important sur une entreprise comme la nôtre», a affirmé Pierre Duhaime.

Champlain et Gentilly

Plus au sud, le remplacement du pont Champlain intéresse vivement SNC-Lavalin, surtout que le gouvernement fédéral privilégie le mode PPP dans pour ce dossier chaud.

«Les PPP sont un bon modèle pour garantir un résultat positif à tout projet», a lancé M. Duhaime.

Le pdg n'a pas manqué, non plus, de plaider en faveur de la réfection de la centrale nucléaire Gentilly-2, à Bécancour, un projet coûteux dont la réalisation demeure incertaine.

«Oui, le nucléaire comporte certains risques, mais il comporte aussi de grands avantages, et les risques peuvent être gérables», a-t-il martelé, en faisant valoir que les pays devaient «éviter une trop grande dépendance envers une seule source d'énergie».

L'an dernier, SNC a acquis la division des réacteurs commerciaux d'Énergie atomique du Canada (EACL) pour 15 millions $ et le versement de redevances sur des nouveaux projets.

Or, même si les occasions d'affaires ne manquent pas, les revenus de SNC-Lavalin sont en baisse pour les trois premiers trimestres de 2011.

«En considérant la situation économique difficile que nous vivons depuis quelques années, et aussi que nous avons enlevé de notre bilan tous les chiffres reliés aux projets en Libye, nous nous en sortons mieux que nos concurrents», a toutefois assuré M. Duhaime.

L'action de SNC-Lavalin a perdu 1,7 pour cent jeudi pour clôturer à 54,54 $, à la Bourse de Toronto.