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19/01/2012 03:49 EST | Actualisé 20/03/2012 05:12 EDT

Près de la moitié des avortements dans le monde sont peu sûrs, selon une étude

LONDRES - Le taux d'avortement est plus élevé dans les pays où la procédure est illégale et près de la moitié des interruptions de grossesse dans le monde sont peu sûres, dont la vaste majorité se produisent dans les pays en développement, selon une nouvelle étude.

Les experts ne pouvaient affirmer si des lois plus permissives mènent à une réduction du nombre de procédures, mais un bon accès aux moyens de contraception dans ces pays est un facteur.

Selon le rapport, le taux d'avortement mondial a très peu changé entre 2003 et 2008 et se situe à 28 interruptions de grossesse par 1000 femmes âgées entre 15 et 44 ans, pour un total d'environ 43,8 millions d'avortement. Entre 1995 et 2003, le taux était en baisse.

Environ 47 000 femmes ont péri des suites d'un avortement en 2008 et 8,5 millions de femmes ont subi des complications médicales. Presque tous les avortements dangereux se sont produits dans des pays en développement, où la planification familiale et les moyens de contraception ont peu évolué.

L'étude, qui a été publiée jeudi dans le journal «The Lancet», a été menée par l'institut Guttmacher, établi aux États-Unis et mandaté par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

La chercheure Gilda Sedgh, auteure principale du rapport, a estimé que les décès et les complications pourraient facilement être évités.

«L'avortement est, en réalité, une procédure simple et sécuritaire», a-t-elle fait valoir.

Le rapport révèle que le taux d'avortement dangereux s'est accru dans les dernières années, passant de 44 pour cent en 1995 à 49 pour cent en 2008, la dernière année pour laquelle les statistiques sont disponibles.

Mme Sedgh a précisé qu'il est difficile d'obtenir un chiffre exact pour le nombre d'avortement dangereux et que leurs estimations sont conservatrices.

C'est en Europe occidentale où le nombre d'avortement est le plus bas, soit 12 sur 1000 femmes, tandis que l'Europe de l'Est se situe de l'autre côté du spectre, avec 43 pour 1000.

En Amérique du Nord, le taux se situe à 19 pour 1000. En Amérique latine et en Afrique, où l'avortement est souvent illégal, entre 95 et 97 pour cent des interruptions de grossesse sont considérées peu sécuritaires.

Les auteurs de l'étude qualifient de dangereux les avortements pratiqués par une personne qui n'a pas les connaissances requises ou dans un endroit qui ne respecte pas les normes médicales minimales.

Mme Sedgh a indiqué que certaines femmes en Afrique utilisent des bouteilles brisées ou prennent de grosses doses de médicaments pour interrompre la grossesse.

«C'est précisément dans les endroits où l'avortement est illégal qu'il doit devenir plus sécuritaire», ont écrit Beverly Winikoff et Wendy R. Sheldon, du Gynuity Health Projects, dans un commentaire accompagnant l'étude.

Les experts estiment que l'augmentation de l'accès aux moyens de contraception aux femmes des pays pauvres ferait une grande différence.

«Lorsque nous rendons la contraception disponible dans les pays où nous travaillons, des centaines de femmes peuvent marcher des heures pour se la procurer», a dit Dana Hovig, de l'organisation de planification familiale Marie Stopes International, qui n'a pas pris part à l'étude.