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19/01/2012 09:51 EST | Actualisé 20/03/2012 05:12 EDT

Primaires républicaines: Perry abanbonne, Santorum l'emporte finalement

WASHINGTON - Le gouverneur du Texas, Rick Perry, s'est retiré jeudi de la course à l'investiture républicaine et s'est rangé derrière Newt Gingrich, deux jours seulement avant l'importante élection primaire de Caroline du Sud.

«Je sais reconnaître que le moment est venu de battre en retraite», a déclaré M. Perry lors d'une conférence de presse. Il a ensuite estimé que M. Gingrich est un «visionnaire conservateur qui peut transformer notre pays», avant de d'ajouter, «Newt n'est pas parfait, mais qui, parmi nous, l'est?».

M. Perry faisait l'objet de pressions de plus en plus importantes de se retirer de la course de manière à inciter les électeurs conservateurs à se rallier à M. Gingrich, dans l'espoir de bloquer la poussée de Mitt Romney. De récents sondages démontrent que M. Gingrich gagne du terrain à l'approche du vote de samedi, même s'il accuse toujours une dizaine de points de recul par rapport au leader.

La diffusion jeudi soir sur la chaîne ABC News d'un entretien avec sa deuxième femme pourrait toutefois lui coûter des voix en Caroline du Sud, État conservateur: Marianne Gingrich y déclare qu'il lui avait demandé un «mariage ouvert» pour avoir une femme et une maîtresse, et qu'elle avait refusé.

Interviewé plus tôt jeudi sur les ondes de NBC, M. Gingrich a refusé de spéculer sur les impacts que pourraient avoir ces allégations sur sa campagne.

Il a affirmé qu'il ne dirait «rien de mauvais» à propos de son ex-épouse. Le candidat a ajouté que des membres de sa famille avaient écrit au réseau ABC pour se plaindre de la diffusion de l'entrevue, soutenant qu'il s'agissait là d'une «intrusion dans une affaire familiale vieille de plus de dix ans».

Le porte-parole de M. Gingrich, R.C. Hammond, a déclaré à The Associated Press que le républicain n'avait jamais demandé à Marianne Gingrich d'avoir un tel «mariage ouvert». Il a suggéré, à l'instar des filles de M. Gingrich la veille, que ces propos pourraient paraître suspects, compte tenu de la charge émotive liée à tout divorce.

«Les divorces sont très difficiles et les gens peuvent avoir des reconstitutions très différentes du déroulement des événements», a-t-il poursuivi.

La conférence de presse de M. Perry était à peine terminée que M. Gingrich émettait un communiqué le remerciant de sa confiance. «Je demande aux partisans du gouverneur Perry de constater comment j'ai équilibré les budgets, sabré dans les dépenses, réformé l'aide sociale et mis en place des mesures de croissance qui ont créé des millions de nouveaux emplois, et je sollicite humblement leur vote», a-t-il lancé.

De son côté, M. Romney a vanté M. Perry pour avoir mené une «campagne basée sur l'amour du pays et des principes conservateurs».

La décision de M. Perry de se rallier à M. Gingrich ne signifie pas automatiquement que ses partisans feront de même. L'ancien sénateur de la Pennsylvanie Rick Santorum est toujours dans la course. Ce champion de la lutte contre l'avortement a reçu, le week-end dernier, l'appui d'un groupe de leaders évangéliques.

M. Santorum s'est aussi retrouvé au coeur d'un autre rebondissement, jeudi, quand il a été annoncé que le décompte final des caucus du 3 janvier dans l'Iowa — qui ont lancé la course à l'investiture — lui attribue 34 voix d'avance sur Mitt Romney, initialement donné premier de seulement huit voix.

Les résultats ont été annoncés jeudi par le président du comité républicain de l'Iowa, Matt Strawn, mais aucune vainqueur n'a été officiellement déclaré dans la mesure où les bulletins de huit assemblées n'ont pas été retrouvés. M. Santorum se voit crédité de 29 839 voix, Romney de 29 805 et Ron Paul de 26 036.

Ce score pourrait regonfler M. Santorum et d'autres candidats à l'investiture républicaine juste avant la primaire de Caroline du Sud.

Mitt Romney, vainqueur de la primaire du New Hampshire qui a suivi le vote de l'Iowa, espère s'imposer en Caroline du Sud pour apparaître désormais comme l'adversaire évident de Barack Obama à l'élection présidentielle de novembre. Le Parti républicain désignera officiellement son candidat lors de son congrès national en août à Tampa (Floride). Mais les autres candidats à l'investiture n'ont pas l'intention de laisser M. Romney mener le jeu et tentent de séduire l'électorat le plus conservateur.

La primaire de samedi en Caroline du Sud est considérée comme un moment crucial de la campagne car aucun républicain n'a été investi sans la remporter depuis 1980.