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19/01/2012 01:17 EST | Actualisé 20/03/2012 05:12 EDT

Mode masculine: les plissés de Miyake, les dandys bikers de Mabille

PARIS - Les collections de mode masculine pour l'automne/hiver prochain sont entrées jeudi dans le vif du sujet avec la maestria technologique d'Issey Miyake ou les recherches esthétiques autour d'une nouvelle virilité chez Alexis Mabille.

Chez Issey Miyake Men, de nouveaux ponts ont été jetés entre les cultures et les civilisations. Imprégnée depuis ses débuts en 1973 sur les podiums parisiens par une vision croisée des savoir-faire, la maison a laissé le soin à son studio de jeunes talents de réinterpréter les gènes hérités de M. Miyake à l'aune de nouvelles technologies.

C'est là sans conteste que se trouve le coeur de ce vestiaire, avec comme point de départ le «kasane», qu'on pourrait traduire en français comme l'art de superposer les matières, mais en faisant s'opposer les textures. Une tradition vestimentaire nipponne qui trouve sa place autant sur les vestes que sur les pantalons et permettent de nouveaux volumes, pour une silhouette ultra contemporaine.

L'autre point fort de ce dressing: les plissés, habituellement réservés à la garde-robe féminine. Ils sont ici particulièrement convaincants, sur d'autres pantalons de jersey oscillant entre jodhpurs et sarouels, en version longue ou pantacourt.

Le collectif de créateurs a également remis au goût du jour la technique ancienne de teinture «anumatsu shibon» qui, sur des pantalons denim ou des vestes de flanelle, permet un jeu subtil de couleurs flashy évoquant des vagues ou des griffures.

Enfin, quelques blousons noirs luisants et cintrés construits à partir de petits picots noirs en «3D» renvoient la lumière. Ils symbolisent à eux seuls toute la maîtrise technique nipponne, dont la maison dit fièrement que tout est «fabriqué au Japon».

Le jeune lyonnais Alexis Mabille a rouvert ses livres d'histoire et puisé dans les pages allant de la Renaissance jusqu'aux «bikers» postmodernes.

Des blousons de velours d'astrakan, des cuirs brodés, des vestes de velours et des cardigans zippés près du corps servent le propos du créateur qui est aussi allé piocher dans l'univers féminin pour une touche de fantaisie «couture».

De hauts cols de brocard, des chemises de vichy noir à col de guipure, d'autres chemises entièrement faites de dentelle blanche et nouées au torse de satin blanc veulent s'affranchir des conventions. Le résultat devrait trouver preneur auprès des adeptes du vêtement masculin «ornementé», qui aime opposer la virilité du blouson de cuir à l'exubérance de la dentelle.