NOUVELLES
19/01/2012 05:37 EST | Actualisé 20/03/2012 05:12 EDT

Le premier ministre du Pakistan adopte un ton conciliant en Cour suprême

ISLAMABAD - Le premier ministre du Pakistan a adopté un ton conciliant jeudi lors de sa comparution devant la Cour suprême, dans une tentative de désamorcer la crise politique et judiciaire qui secoue le pays.

L'apparition inusitée du chef de gouvernement, Youssouf Raza Gilani, devant le tribunal, était le dernier d'une série de développements dans un bras de fer opposant le régime civil, les juges et les puissants généraux de l'armée pakistanaise, qui se sont saisis du pouvoir à trois reprises depuis 1947.

L'enjeu est de taille: le leadership du Pakistan, de même que ses relations avec les États-Unis, qui se sont dégradées depuis la mort d'Oussama Ben Laden en mai dernier dans un raid de Washington.

Le gouvernement pakistanais doit affronter l'armée dans une bataille ardue à propos d'une note confidentielle demandant l'aide de Washington pour réduire le pouvoir des généraux dans la foulée du raid contre Ben Laden. Les militaires ont été outrés par la demande, qui aurait été formulée par le gouvernement, et a poussé la Cour suprême à ouvrir une commission d'enquête sur le sujet. Le gouvernement clame ne pas avoir été à l'origine de cette note.

Jeudi, la Cour suprême a aussi pris part à un autre dossier, soit une affaire de corruption vieille de vingt ans et impliquant le président Asif Ali Zardari. Certains estiment que l'armée pilote la poursuite pour destituer le président et son gouvernement, tandis que d'autres soupçonnent des animosités entre le juge en chef et le président.

Le premier ministre Gilani a accepté de comparaître à une audience sur des accusations selon lesquelles il ferait fi du système judiciaire. Il refuse, depuis deux ans, d'entamer les procédures pour relancer l'enquête sur la corruption présumée du président.

La Cour souhaite que les procureurs du gouvernement demandent formellement aux autorités suisses de rouvrir les procédures judiciaires dans l'enquête avortée contre le président Zardari, jugé coupable par contumace en 2003, par un tribunal suisse, d'avoir blanchi des millions de dollars en pots-de-vin de compagnies suisses. L'homme avait fait appel du jugement, mais les procureurs suisses ont abandonné les charges en 2009 à la demande du gouvernement pakistanais.

Le premier ministre Gilani a insisté sur le fait que le président était immunisé contre toute poursuite, un sujet qui sera abordé lorsque les procédures reprendront, le 1er février.