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19/01/2012 08:09 EST | Actualisé 20/03/2012 05:12 EDT

La révolution égyptienne a fait plonger le tourisme en 2011

L'Egypte vu les recettes du tourisme, secteur crucial pour son économie, plonger de près de 30% en 2011, alors que des manifestations et grèves massives mettaient fin en février à 29 ans de règne autoritaire du président Hosni Moubarak, selon les chiffres communiqués jeudi par le gouvernement.

Le ministre du Tourisme, Mounir Abdel-Nour, a déclaré que l'Egypte avait accueilli 9,8 millions de touristes en 2011 au lieu de 14,7 millions l'année précédente, soit une réduction de plus de 33%. Une fréquentation qui n'a généré que 8,8 milliards de dollars (6,8 milliards d'euros), contre 12,5 milliards (9,7 mds euros) en 2010.

Le manque à gagner a amené le pays, dirigé par le Conseil suprême des forces armées (CSFA) et un gouvernement intérimaire, à demander l'aide du Fonds monétaire international (FMI) après avoir initialement rejeté cette solution. Il a sollicité officiellement un prêt de 3,2 milliards de dollars (2,5 milliards d'euros). Une délégation de l'institution économique s'est rendue en Egypte cette semaine.

De nombreux Egyptiens s'inquiètent des mesures d'austérité que le FMI pourrait exiger en contrepartie de son aide, et notamment en ce qui concerne les subventions sur le carburant et l'alimentation. Le FMI a tenté de lever ces craintes en déclarant qu'il voulait que le programme économique égyptien obtienne un large soutien de l'opinion publique.

Les analystes économiques doutent quant à eux que les 3,2 milliards de dollars suffisent pour 2012. Il faudrait "au moins le double pour éviter une crise de la balance des paiements", affirme l'institut Capital Economics, basé à Londres, dans une note de recherche récente. Il estime que l'Egypte aura besoin d'environ 11 milliards de dollars de financement extérieur pour l'année et souligne que le FMI conditionne son prêt à un soutien plus large d'autres bailleurs de fonds.

D'importantes manifestations sont prévues en Egypte la semaine prochaine pour marquer le premier anniversaire du soulèvement du 25 janvier-11 février 2011. Les militants pour la démocratie exigent que le CSFA cède immédiatement le pouvoir à une direction civile mais les généraux ne comptent pas le faire avant l'élection présidentielle fin juin. Les législatives organisées ces derniers mois ont été remportées par le parti Justice et liberté des Frères musulmans, avec près de la moitié des voix. AP

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