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19/01/2012 08:55 EST | Actualisé 20/03/2012 05:12 EDT

La police de Vancouver aurait pu enquêter sur Pickton, selon un témoin

VANCOUVER - La police de Vancouver aurait pu enquêter sur le tueur en série Robert Pickton plutôt que de laisser le dossier entre les mains de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

C'est ce qu'a indiqué jeudi la chef adjointe du Service de police régional de Peel, Jennifer Evans, dans le cadre de la commission d'enquête publique sur les femmes tuées ou disparues en Colombie-Britannique.

Mme Evans, qui a mené un examen indépendant des enquêtes pour la commission, a contredit la thèse de la police de Vancouver selon laquelle le dossier sur Pickton relevait de la GRC à Coquitlam parce que c'est à cet endroit qu'il assassinait les femmes.

Mme Evans a raconté que lorsque la police de Vancouver a obtenu l'information, en 1998 et 1999, que Pickton pourrait avoir enlevé des travailleuses du sexe en ville et les avoir tuées sur sa ferme, elle aurait dû ouvrir une enquête.

Selon elle, la police de Vancouver aurait pu enquêter sur les enlèvements puisqu'il semblait que Pickton kidnappaient les femmes dans l'optique de les tuer. Elle croit aussi que la police aurait pu enquêter sur les allégations selon lesquelles il utilisait de la drogue et de l'alcool pour attirer les femmes.

Le dossier a plutôt été divisé en plusieurs enquêtes incluant deux forces policières, ce qui, selon Mme Evans, avait contribué à l'échec de la capture de Pickton.

La police de Vancouver enquêtait sur les disparitions des prostitués comme des cas de personnes disparues plutôt que comme une enquête criminelle.

De son côté, la GRC voyait Pickton comme un suspect dans le dossier des femmes disparues.

Un avocat du Service de police de Vancouver, Sean Hearn, a expliqué à Mme Evans que les conventions policières de la Colombie-Britannique indiquent que lorsqu'une personne disparaît, le dossier incombe au service de police du secteur où la disparition est signalée. Lors d'une enquête pour homicide, le dossier appartient au secteur où le corps est retrouvé.

M. Hearn a indiqué que la police de Vancouver avait donc bien agi, d'autant plus la GRC disposait des ressources pour mener l'enquête pour meurtre.

Mme Evans a rétorqué que cela a pu être une approche raisonnable jusqu'à 1999, mais qu'ensuite, l'enquête traînait à Coquitlam puisque l'unité de la GRC était impliquée dans plusieurs autres dossiers majeures et a relâché son attention sur Pickton.