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19/01/2012 09:18 EST | Actualisé 20/03/2012 05:12 EDT

Grèce: la zone euro n'augmenterait pas son aide en cas d'échec des négos

ATHENES, Grèce - Les pays de la zone euro n'augmenteront pas leur aide financière à la Grèce si Athènes ne parvient pas à un accord sur un échange d'obligations avec ses créanciers privés, a averti jeudi le ministre grec des Finances Evangelos Venizelos.

«S'il y a un trou (financier), il devrait être couvert par une plus grande contribution du secteur officiel, c'est-à-dire les pays de la zone euro directement ou indirectement. Et à ce stade, je ne vois aucune disposition (...) à augmenter cette contribution, a déclaré M. Venizelos au Parlement. Il ne doit donc pas y avoir de trou et l'implication du secteur privé est très importante.»

Le ministre devait tenir jeudi une deuxième journée de discussions avec les négociateurs des banques en vue de parvenir à un accord visant à réduire de 100 milliards d'euros le montant de la dette grecque.

Censée rembourser 14,5 milliards le 20 mars, la Grèce ne dispose pas actuellement des fonds nécessaires pour honorer cette échéance. Et un défaut de paiement conduirait inévitablement à sa sortie de la zone euro, a souligné M. Venizelos. «La faillite signifierait bien sûr notre sortie de l'euro», a-t-il affirmé.

M. Venizelos et le premier ministre Lucas Papadémos devaient reprendre les négociations jeudi avec Charles Dallara, un responsable de l'Institut de la finance internationale représentant les créanciers privés d'Athènes.

Ces négociations, suspendues la semaine dernière, ont repris mercredi. Athènes espère un accord qui verrait ses créanciers privés renoncer à 50 pour cent de leurs titres de dette grecque en échange du versement de rémunérations et de nouvelles obligations avec une maturité plus longue.

M. Dallara et les autorités grecques se disent optimistes sur les chances d'un accord concernant le taux d'intérêt des nouvelles obligations. «Le taux d'intérêt des nouveaux emprunts est une question clé, a souligné M. Dallara dans un entretien à CNN mercredi. Je ne dirais pas que je suis confiant mais j'ai l'espoir que nous puissions parvenir à un accord.»

Les négociations sur l'échange d'obligations s'inscrivent dans le cadre du deuxième plan d'aide international de 130 milliards d'euros entériné le 27 octobre à Bruxelles, un an et demi après le premier plan de 110 milliards accordé en mai 2010 par l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI).

Des inspecteurs de la troïka (Union européenne, Banque centrale européenne et FMI) sont attendus à Athènes vendredi pour négocier de nouveaux termes pour le deuxième plan et évaluer les progrès d'Athènes en matière de réduction des déficits. Le Parlement grec était prêt jeudi à adopter une série de nouvelles mesures d'austérité exigées par les inspecteurs.