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19/01/2012 04:58 EST | Actualisé 20/03/2012 05:12 EDT

Espagne: le premier procès du juge Baltasar Garzon s'est terminé jeudi

MADRID - Le premier d'une série de trois procès intentés contre le juge espagnol Baltasar Garzon, qui s'est rendu célèbre pour avoir accusé l'ex-dictateur Augusto Pinochet, s'est conclu jeudi avec une négation totale du magistrat à propos des allégations de violation des droits de la défense.

Au terme du procès, qui s'est échelonné sur trois jours, le juge Garzon a réitéré qu'il rejetait les accusations selon lesquelles il aurait outrepassé sa juridiction en ordonnant l'écoute électronique de conversations en prison entre trois accusés et leurs avocats, dans une enquête qu'il dirigeait sur une affaire de corruption, en 2008.

Le magistrat a lancé, la voix courroucée par une grippe, que toutes ses décisions avaient toujours eu une explication et une justification, et qu'elles avaient été prises dans la plus «stricte légalité».

L'arrêt de la cour ne devrait pas être rendu avant plusieurs semaines. Un verdict de culpabilité mettrait certainement un terme à la carrière judiciaire de Baltasar Garzon, qui fait face à une interdiction d'exercer son métier pour 17 ans. Il est âgé de 56 ans.

Ce procès a amorcé une bataille judiciaire éreintante pour le juge Garzon, qui est considéré comme un héros par les groupes de défense des droits de la personne pour avoir pourfendu les frontières de la justice. Il a toutefois plusieurs ennemis politiques en Espagne.

Le second procès du juge Garzon, plus important, débutera mardi prochain, en lien avec une affaire d'enquête qu'il a menée sur les atrocités commises par la droite pendant la guerre civile en Espagne.

Les crimes ont été lavés par une amnistie, adoptée en 1977, au moment où le pays entamait un processus de restauration de la démocratie, après des décennies sous la dictature du général Francisco Franco, qui avait remporté la guerre. Franco est mort en 1975.

Le procès devrait s'étaler sur un mois, voire plus. Les Espagnols sont nombreux à considérer que la poursuite civile intentée contre le juge Garzon, en plus d'une troisième enquête sur ses transactions avec une grande banque espagnole, lui sont imposés comme punition pour sa célébrité.

Au premier jour de son premier procès, mardi, Baltasar Garzon avait déclaré qu'en 20 ans de carrière comme commissaire enquêteur à la Cour nationale, il avait toujours tenté de protéger le droit des détenus à un procès équitable, soulignant qu'il croyait que cela avait été le cas. Il a été suspendu de la cour en 2010.