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19/01/2012 01:10 EST | Actualisé 20/03/2012 05:12 EDT

Enfant mort de faim: la Cour suprême n'entendra pas l'appel de la grand-mère

TORONTO - La Cour suprême du Canada a refusé d'entendre les arguments d'une Torontoise jugée coupable d'avoir laissé son petit-fils mourir de faim.

Elva Bottineau avait tenté de loger un appel après que le plus haut tribunal de l'Ontario eut confirmé sa condamnation pour le meurtre non prémédité du petit Jeffrey Baldwin, alors âgé de cinq ans.

La Cour d'appel de l'Ontario avait aussi, l'an dernier, refusé d'entendre l'appel du conjoint de Bottineau, Norman Kidman. Il avait aussi été jugé coupable de meurtre au second degré.

Le couple avait reçu le verdict défavorable en 2006 et avait été condamné à l'emprisonnement à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant une vingtaine d'années.

L'enfant ne pesait que 21 livres et était couvert de lésions lorsqu'il a été pris en charge par les autorités. Il est décédé en novembre 2002, de complications liées à l'inanition dont il souffrait.

L'avocat de Bottineau plaidait que son quotient intellectuel de 69 — signifiant qu'elle pouvait presque être considérée comme déficiente intellectuelle — l'empêchait de comprendre qu'elle pouvait tuer l'enfant en ne le nourrissant pas.

En rejetant son appel l'an dernier, le tribunal ontarien a déterminé que le premier juge avait adéquatement pris en compte les capacités intellectuelles limitées de Bottineau.

Alors que le petit Jeffrey et sa soeur vivaient dans des conditions sordides, le reste de la maison était dans un état normal, incluant les chambres d'autres enfants y vivant.

Bottineau et Kidman utilisaient les deux enfants comme sources de revenus, récoltant les prestations gouvernementales leur étant destinées. Pendant ce temps, ils les laissaient dépérir dans une pièce froide et noire dont le sol était jonché d'excréments et d'urine.

Le garçon devait manger avec ses doigts et buvait souvent dans une cuvette de toilette lorsqu'il avait soif.

Les accusés avaient été désignés comme tuteurs légaux de Jeffrey et de sa soeur, qui avaient souffert d'agressions aux mains de leurs parents biologiques.

Le coroner-en-chef de l'Ontario a lancé une enquête sur les circonstances du décès du garçon.