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19/01/2012 11:49 EST | Actualisé 20/03/2012 05:12 EDT

En Haït, un juge songe à arrêter Duvalier pour non respect de conditions

PORT-AU-PRINCE, Haïti - L'ancien président haïtien Jean-Claude Duvalier a été sommé de se présenter à une audience de la cour en lien avec des violations de sa condition d'assignation à résidence, a fait savoir un juge, jeudi.

«Jean-Claude Duvalier doit se présenter à mon bureau à 11h05, vendredi. S'il ne le fait pas, il sera arrêté à 11h10», a menacé le juge Carves Jean.

«Baby Doc» a en effet séjourné à l'extérieur de la capitale Port-au-Prince.

L'avocat de Jean-Claude Duvalier, Me Reynold Georges, a toutefois déclaré que son client n'avait enfreint aucune loi, puisqu'il n'existe pas de telles lois dans la législation haïtienne.

Cette loi est «imaginaire», a soutenu Me Georges dans une entrevue téléphonique avec The Associated Press, jeudi. «Le juge peut bien faire ce qu'il veut, mais il devra en payer les conséquences», a-t-il également déclaré, se qualifiant lui-même de «serpent» qui n'entend pas à «rire».

Jean-Claude Duvalier a effectué un retour inattendu en Haïti il y a environ un an. Il fait maintenant face à des accusations de détournement de fonds, torture et meurtres, de crimes possiblement commis durant ses 15 années à la tête du pays.

L'ancien dictateur a été assigné à résidence, mais il a été vu à l'extérieur de Port-au-Prince au cours des dernière semaines.

Toujours vêtu d'un costume couleur bleu marin, Jean-Claude Duvalier a été vu sillonnant le pays à bord d'un VUS. Il a notamment livré un discours devant des diplômés en droit, dans une université rurale le mois dernier, et a été vu flânant sur la plage.

Jean-Claude Duvalier a aussi participé à une cérémonie commémorative pour souligner les deux ans du séisme dévastateur de janvier 2010. L'événement était présidé par l'actuel leader du pays, Michel Martelly, et l'ancien président américain et envoyé spécial de l'ONU à Haïti, Bill Clinton, figurait parmi les invités.

La poursuite intentée contre l'ex-politicien a fait peu de bruit depuis son annonce l'an dernier, et des groupes de défense des droits de la personne craignent qu'il ne s'en tire en toute impunité.

Me Georges et les autres avocats de la défense déclarent que la poursuite contre l'ancien président est sans fondement parce que le délai de prescription est dépassé.