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19/01/2012 06:00 EST | Actualisé 20/03/2012 05:12 EDT

Des espèces étrangères envahissent le pays en raison des changements climatiques

Une nouvelle étude affirme que des plantes et des animaux étrangers ont déjà commencé à envahir le Canada en raison des changements climatiques, alors que les recherches et les politiques sont à la traîne.

Un rapport publié jeudi dans le journal Environmental Reviews allègue que ni Ottawa ni les provinces ne s'attardent aux interactions entre le réchauffement de la planète et les espèces invasives dans l'optique de prévenir des dommages à l'économie.

Selon la biologiste de l'Université York, Andrea Smith, il est important de «se pencher sur les espèces qui pourraient représenter une menace en raison des changements climatiques, et de dédier plus de recherches pour découvrir où elles risquent de se retrouver».

Mme Smith a étudié et résumé ce qui est déjà connu de l'interaction entre les changements climatiques et l'arrivée d'espèces animales et végétales étrangères au Canada.

Elle a découvert que peu a été écrit sur la question, même si plusieurs études ont conclu que le réchauffement de la planète et d'autres facteurs, dont les échanges mondiaux grandissants, augmenteront le risque «d'invasion biologique».

Certaines invasions causées par les changements climatiques causent déjà des problèmes, dont la prolifération du dendroctone du pin ponderosa qui ravagent des hectares de forêt en Colombie-Britannique et de la tique qui transporte la maladie de Lyme. L'achigan à petite bouche, la spongieuse et le kudzu menacent également les forêts et les lacs.

Une étude estimait qu'au moins 1500 espèces étrangères sont déjà au Canada, même si plusieurs ne se sont pas proliférées en raison des changements climatiques. Le même document indiquait que les coûts impliqués par l'arrivée de seulement 16 de ses espèces oscillaient annuellement entre 13,3 et 34 milliards $ au pays.

«Parce que la menace est nouvelle et significative et que les changements climatiques doivent s'accélérer, j'ai trouvé ça d'autant plus surprenant, a indiqué Mme Smith. Même les espèces qui sont étudiées plus que les autres ne le sont pas tellement.»

L'Agence canadienne d'inspection des aliments, le ministère des Ressources naturelles et le ministère des Pêches et des Océans se divisent les réglementations fédérales à ce sujet.