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19/01/2012 01:48 EST | Actualisé 20/03/2012 05:12 EDT

Des économistes doutent de l'ampleur de l'endettement des ménages canadiens

OTTAWA - Plusieurs économistes de premier plan disent croire que les ménages canadiens pourraient ne pas être aussi endettés que ne le laissent entendre les gens, parmi lesquels le ministre fédéral des Finances et le gouverneur de la Banque du Canada.

Cette semaine, la Banque du Canada a prévenu que l'endettement des ménages augmenterait probablement en 2012, ce qui est préoccupant compte tenu du niveau sans précédent auquel il se trouve déjà.

Le gouverneur de la banque centrale, Mark Carney, et le ministre des Finances, Jim Flaherty, ont exprimé une certaine inquiétude car le niveau actuel de l'endettement, de 153 pour cent, se rapproche du plafond de 160 pour cent qui a précédé l'effondrement de 2008 aux États-Unis et au Royaume-Uni.

Toutefois, plusieurs économistes ne partagent pas leur vision des choses, estimant que les ménages canadiens demeurent sur une base financière très solide.

Derek Holt, de la Banque Scotia, affirme que le calcul de la dette par rapport au revenu est l'une des pires mesures de la solidité des finances d'un ménage.

Du côté de la Banque TD, l'économiste en chef Craig Alexander partage ce point de vue, faisant remarquer que comparer une donnée fixe telle que la dette à un revenu régulier répété sur une base annuelle revient un peu à faire une comparaison entre des pommes et des oranges. Il affirme aussi que les Canadiens sont peut-être aux prises avec de lourdes dettes, mais ils comptent aussi des actifs de valeur, notamment des maisons.

La valeur des actifs par rapport aux revenus des Canadiens se trouve également à un niveau record, font valoir les économistes, ajoutant que la valeur nette patrimoniale des ménages demeure relativement élevée malgré le marasme des marchés boursiers.

Cela ne signifie pas que les Canadiens ne devraient se préoccuper de la dette, mais le Canada ne ferait pas face à une crise comme celle qui a secoué les États-Unis si jamais le niveau d'endettement atteignait et même dépassait 160 pour cent, indiquent les spécialistes.