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19/01/2012 05:54 EST | Actualisé 20/03/2012 05:12 EDT

Écoutes en Grande-Bretagne: l'entreprise de Murdoch va indemniser 36 victimes

LONDRES - L'entreprise médiatique de Rupert Murdoch, News International, a accepté de dédommager 37 victimes des écoutes téléphoniques des tabloïds, notamment l'acteur Jude Law, le footballeur Ashley Cole et l'ancien premier ministre adjoint britannique John Prescott.

Les détails de 15 des différents accords, qui totalisent environ un million de dollars, ont été lus jeudi lors d'une audience à Londres.

L'acteur Jude Law a ainsi obtenu 130 000 livres (203 000 $ CAN) après que les publications de «News of the World» et «The Sun» eurent publié 16 articles obtenus grâce aux écoutes de son téléphone entre 2003 et 2006.

L'acteur avait été placé sous «surveillance répétée et constante».

L'avocat de Jude Law a souligné que ces agissements ont causé à l'acteur «un désarroi considérable (...), de la méfiance et de la suspicion».

«J'ai changé de téléphones, j'ai fait fouiller ma maison pour retracer les écoutes électroniques, mais des informations continuaient à être publiées. J'ai commencé à me méfier des proches qui m'entouraient», a déploré l'acteur dans un communiqué.

Sont également concernés par ces accords, les anciens ministres Chris Bryant et Tessa Jowell, l'ancien mannequin Abi Titmuss et Sara Payne, la mère d'une jeune fille assassinée.

L'entreprise du magnat australien était visée par 60 procès pour piratage des messageries des téléphones portables par le tabloïd «News of the World», désormais fermé.

News International a refusé d'admettre que son personnel de direction ait pu être au courant des malversations et aient tenté de les dissimuler. La compagnie a toutefois reconnu que «dans l'unique objectif de conclure ces ententes, News Group Newspapers accepte que les dommages versés aux plaignants soient considérés comme si cela avait été le cas».

L'affaire sur les accusations de piratage des messageries téléphoniques de célébrités, de personnalités politiques mais aussi de victimes de crimes à «News of the World» a été marquée par l'arrestation de plusieurs anciens cadres de News Corp. et la démission de hauts responsables du groupe.

Le scandale, qui a aussi ébranlé la police britannique — accusée d'avoir livré des informations au tabloïd en échange de pots-de-vin—, a pris une tournure politique, atteignant le 10, Downing Street.

Il a en outre conduit Rupert Murdoch à renoncer au rachat du bouquet satellite BSkyB. Entendu par une commission parlementaire, le milliardaire a nié toute responsabilité dans l'affaire.

Les ententes annoncées jeudi renvoient à plus de la moitié des poursuites intentées contre la compagnie de M. Murdoch pour des affaires d'écoute électronique, mais le nombre de victimes réelles est estimé à quelques centaines.

Les plaignants ont décrit des sentiments de méfiance, de peur et de paranoïa alors que leurs messages téléphoniques disparaissaient, que les journalistes étaient au fait de leurs déplacements à l'avance ou que des informations de nature privée se retrouvaient publiées dans le journal.