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18/01/2012 02:42 EST | Actualisé 19/03/2012 05:12 EDT

Gilles Duceppe entretient les rumeurs sur sa volonté de succéder à Marois

QUÉBEC - Gilles Duceppe n'a rien fait, mercredi, pour dissiper les rumeurs qui l'envoient à la barre du Parti québécois avant longtemps.

Et certains députés péquistes sont désormais persuadés que si M. Duceppe est sorti du mutisme qu'il s'était imposé depuis des mois, c'est qu'il a décidé de tasser Pauline Marois avant qu'il ne soit trop tard.

«Je ne serais pas surpris qu'elle quitte en début de la semaine prochaine», a confié en entrevue à La Presse Canadienne un député péquiste qui a requis l'anonymat. Il a dit croire que sa chef ne pourra pas subir une telle pression plus longtemps.

Au cours de quelques entrevues, mercredi, M. Duceppe est resté évasif sur ses intentions, mais il n'a pas nié son intérêt en vue de succéder à la chef péquiste.

L'ancien chef du Bloc québécois s'est dit «confiant» que Mme Marois «saura prendre les bonnes décisions pour l'avenir du mouvement» souverainiste, à l'occasion du conseil national du parti la semaine prochaine.

M. Duceppe a refusé de préciser davantage ses propos, disant préférer attendre la suite des événements.

En laissant ainsi entendre publiquement qu'il était disponible, M. Duceppe vient d'enlever à Mme Marois sa dernière bouée de sauvetage, selon un membre de son équipe. C'est comme si M. Duceppe lui avait dit: «Vas-t-en Pauline, j'arrive!», analyse ce député.

«Est-ce qu'elle voudra se présenter au Conseil national la semaine prochaine, sachant que Gilles Duceppe a déjà commencé à préparer son terrain, que Bernard Drainville fait des sorties, que des militants ont recommencé à redemander sa démission et qu'il y a un échéancier électoral qui est devant nous?», s'interroge-t-il, en croyant que la chef péquiste va céder sa place, de guerre lasse.

«Est-ce qu'elle sera encore là la semaine prochaine?», se demande ce député, qui dit tenir à rester au sein du caucus et qui ne se définit pas comme un fan de Glles Duceppe.

Cependant, il croit que si ce dernier a décidé de sortir publiquement c'est qu'il doit avoir l'appui de certains élus péquistes, prêts à changer de chef pour augmenter les chances de voir le PQ faire bonne figure aux prochaines élections.

Chose certaine, la sortie de M. Duceppe a créé un malaise au sein des élus péquistes, qui se montraient peu bavards, dans les couloirs du parlement.

Certains demeurent cependant optimistes et fidèles.

Loyal soldat, le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, a dit n'avoir aucun doute que Mme Marois sera encore à la tête des troupes péquistes au prochain scrutin.

«Je ne crois pas que le caucus va s'énerver. Je pense au contraire que la question du leadership est derrière nous», a dit M. Cloutier, persuadé que M. Duceppe pourrait non pas remplacer Mme Marois mais former avec elle «un duo extraordinaire pour la prochaine campagne».

Le leader parlementaire, Stéphane Bédard, pense comme lui. «Il faut additionner, pas soustraire», dit-il.

«Mme Marois, elle reste. On a besoin d'elle. Elle doit rester par responsabilité pour le parti», dit encore M. Bédard, un inconditionnel de la chef.

Pour sa part, le député Bernard Drainville, qui a brandi en fin de semaine dernière le spectre de la disparition du PQ, brillait par son absence à l'Assemblée nationale.