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18/01/2012 04:51 EST | Actualisé 18/03/2012 05:12 EDT

Ethiopie: deux Européens enlevés et cinq morts dans une attaque de touristes

Quatre personnes, dont deux Européens de nationalité non précisée, ont été enlevées par des hommes armés lors de l'attaque d'un groupe de touristes qui a fait cinq morts dans le nord de l'Ethiopie, a déclaré le ministre éthiopien des Communications.

Bereket Simon a précisé que les nationalités des captifs, des tués et des deux blessées n'étaient pas établies. L'attaque s'est selon lui produite mardi vers 5h du matin à 20km ou 25km de la frontière érythréenne, alors que des informations antérieures la situaient lundi.

D'après ce ministre, le groupe de touristes comprenait des Belges, des Autrichiens, des Allemands, des Hongrois et des Italiens. Les captifs seraient deux Ethiopiens et deux Européens.

La télévision d'Etat éthiopienne a affirmé mardi que le groupe visé comprenait huit touristes mais le porte-parole du ministère autrichien des Affaires étrangères, Peter Launsky-Tiefenthal, a fait état dans la soirée de deux groupes d'un total de jusqu'à 22 personnes, soulignant toutefois que le nombre de participants n'était pas confirmé.

Ces touristes visitaient la région volcanique et désertique de l'Afar, réputée pour ses magnifiques lacs de sel.

M. Bereket a affirmé que les ravisseurs avaient été "formés et armés par le gouvernement érythréen". L'ambassadeur érythréen à l'Union africaine, Girma Asmerom, a qualifié ces accusations de "mensonges absolus" et affirmé que l'affaire ne concernait que l'Ethiopie.

Une guerre frontalière a opposé l'Ethiopie et l'Erythrée de 1998 à 2000, faisant environ 80.000 morts. Les tensions entre les deux pays se sont raviv&es l'an dernier à l'occasion d'un rapport des Nations unies affirmant que l'Erythrée avait fomenté un complot pour perpétrer un attentat pendant un sommet de l'Union africaine en Ethiopie.

Le porte-parole du ministère autrichien des Affaires étrangères a souligné que son pays mettait en garde contre les déplacements dans la région depuis 2007 "en raison de plusieurs incidents et attaques contre des groupes de touristes (...) liés à des motifs politiques pour certains et criminels pour d'autres".

En 2007, cinq Européens et 13 Ethiopiens avaient été pris en otages dans l'Afar. L'Ethiopie avait accusé l'Erythrée d'avoir commandité les enlèvements mais l'Erythrée avait rejeté la faute sur un groupe rebelle éthiopien. Tous les captifs avaient fini par être relâchés mais plusieurs Ethiopiens avaient été détenus pendant plus d'un mois.

En 2008, l'Ethiopie avait déjoué une tentative d'enlèvement visant un groupe de 28 touristes français dans cette région. "Le problème est qu'il n'y a aucune infrastructure dans cette zone, pas de ligne téléphonique et les téléphones satellites passent à peine", a souligné" M. Launsky-Tiefenthal, comparant l'Afar à "la surface de la planète Mars". AP

st/v201