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18/01/2012 06:43 EST | Actualisé 19/03/2012 05:12 EDT

Egypte: le pouvoir militaire évoque des "dangers graves" pour la nation

Le maréchal Hussein Tantaoui, qui dirige le Conseil suprême des forces armées (CSFA) au pouvoir en Egypte, a déclaré mercredi que le pays courait "des dangers graves" mais que l'armée le défendrait. Des propos qui sonnent comme un avertissement à peine voilé aux activistes qui exigent le transfert du pouvoir à des civils.

Les militants pour la démocratie à l'origine du soulèvement qui a mis fin à 29 ans de règne autoritaire du président Hosni Moubarak le 11 février 2011 appellent à des manifestations la semaine prochaine pour marquer le premier anniversaire du soulèvement, qui avait commencé le 25 janvier.

L'ancien président Moubarak, 83 ans, est jugé depuis le 3 août 2011 avec plusieurs autres ex-responsables pour leur rôle dans la répression du mouvement, qui a fait au moins 850 morts. Il encourt la peine de mort.

"L'Egypte est confrontée à de graves dangers jamais vus auparavant", a lancé le maréchal Tantaoui dans les médias, appelant les Egyptiens à déjouer "les conspirations" visant leur pays. "Les forces armées sont la colonne vertébrale qui protège l'Egypte. Ces manigances visent cette colonne vertébrale. Nous ne laisserons pas faire et accomplirons notre tâche à la perfection pour remettre la nation entre les mains d'une administration civile élue", a-t-il assuré.

Les médias contrôlés par le pouvoir participent à la campagne de décridibilisation du mouvement de contestation en se faisant l'écho d'un complot visant à déstabiliser le pays à l'occasion de l'anniversaire du soulèvement.

Les activistes accusent le CSFA, dont le maréchal Tantaoui a été ministre de la Défense d'Hosni Moubarak pendant 20 ans, d'être l'émanation du régime Moubarak et de ne pas vouloir céder le pouvoir. Le CSFA a promis de le faire à l'issue de l'élection présidentielle prévue pour juin.

Les militants affirment que la répression a fait au moins 80 morts depuis octobre, que des détenus sont torturés et qu'au moins 12.000 civils ont été traduits devant des tribunaux militaires. AP

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